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samedi 8 janvier 2011

La typologie de l'action de J. Habermas

Pour l'essentiel, le philosophe et sociologue allemand Jürgen Habermas (héritier de l'école de Francfort) définit deux grands types d'actions :
actions instrumentales; actions communicationnelles.

Les actions instrumentales sont orientées par le succès. Ici l’acteur cherche le meilleur moyen en vue d’une fin souhaitée. C’est donc une action «égocentrique». Les actions communicationnelles ne répondent pas à un plan d’action visant un succès «égocentrique» mais renvoient à des actes d’intercompréhension.

Le langage peut donc servir soit un but égocentrique, et alors il est instrumentalisé, soit une visée intercompréhensive. Un langage instrumentalisé manipule l’autre dans l’objectif d’infléchir son comportement dans un sens souhaité. Un langage visant l’intercompréhension se met plutôt au service d’une entente, d’un accord, qui ne repose pas sur une manipulation mais sur une persuasion.

La persuasion est atteinte à travers un processus langagier où les interlocuteurs échangent des arguments et où le meilleur argument l’emporte.

L’usage du langage orienté vers l’intercompréhension serait, selon Habermas, le mode originel d’usage du langage. Deux arguments permettraient de faire cette affirmation :

1- Le langage, en tant que moyen de communication, ne peut se justifier que par une visée intercompréhensive.
2- Même l’usage instrumental du langage ne peut faire l’économie de l’intercompréhension.

L’usage instrumental du langage est une forme de violence. Mais l’instrumentalisation du langage n’est pas un processus simple. Il existe en fait une double instrumentalisation :

1- celle du langage qui devient un moyen d’agir sur l’autre;
2- celle de l’autre réduit à être un moyen pour ma propre fin.

Dans ces deux cas d’instrumentalisation, l’autre n’est plus une fin en lui-même. Par contre, l’usage du langage dans une visée intercompréhensive appréhende l’autre comme une fin et non comme un moyen. Ici, l’autre est rétabli dans sa dignité de sujet. Lorsque dans le processus du dialogue libre sans contrainte, un accord survient entre les interlocuteurs, on peut dire que le contenu de cet accord est rationnel.


RÉFÉRENCE

Habermas, J. (1987). Théorie de l’agir communicationnel. Volume 1. Rationalité de l’agir et rationalisation de la société. Traduit parJ.-M. Ferry. Paris : Fayard.

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