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dimanche 16 janvier 2011

Responsabilité des acteurs en matière de réussite scolaire

UNE RESPONSABILITÉ PARTAGÉE
L'échec ou la réussite scolaire c'est d'abord l'affaire de l'enfant. Ensuite c'est l'affaire de la famille et de l'école. C'est pourquoi dans la recherche de la réussite à l'école, on doit toujours prendre en compte le rôle de chacun des acteurs. C'est le rôle de l'école que de contribuer à développer une représentation claire du rôle respectif de l'élève, des parents et des enseignants face à la réussite scolaire.
L'ENFANT COMME PERSONNE DANS LE CONTEXTE SCOLAIRE
La réussite scolaire peut être vue comme la réussite d'une interaction entre la personne et le milieu. Il y a réussite lorsque le système arrive à accrocher la subjectivité.
Malgré la réforme en cours en éducation, notre modèle de classe le plus courant est le modèle qui se consolide aux 17e et 18e siècles (Gauthier et Tardif, 2005) c'est-à-dire la situation «un enseignant / un groupe» : une personne (l’enseignant) contrôle à la fois le contenu, le rythme et la séquence de l'interaction sujet - milieu. Il s'agit du modèle devenu traditionnel. Cependant, chaque enfant possède un profil particulier et cela est trop souvent traité de manière inadéquate par ce modèle. Il ne tient en effet aucunement compte de ce qu’on pourrait appeler la "susceptibilité différentielle" : ce qu'on retient est fonction de ce que l'on est.
Par ailleurs, la situation «un enseignant / un groupe» fait souvent preuve de conformisme car elle traite chaque individu de la même façon. Paradoxalement, le contexte scolaire est le seul lieu moderne de sociabilité collective à long terme et, en même temps, un lieu de discontinuité (changements multiples pour l'élève: de degrés scolaires, de classes, de groupes, de professeurs, quand ce n'est pas d'école, etc.). En conséquence, un enfant en difficulté d'apprentissage ne trouve souvent pas des personnes significatives pour l'aider (des gens qui auraient le temps de compter vraiment).
Nous sommes ainsi confrontés à un dilemme : L'école poursuit le but de la réussite éducative avec l'enfant comme premier acteur de ce projet. Cependant, elle ne réussit que trop rarement à impliquer l'enfant subjectivement.
L'ENFANT COMME ACTEUR DANS LA RÉUSSITE SCOLAIRE
Nombre de recherches démontrent que les problèmes de lecture dès la première année conduisent à l'accumulation de plusieurs déficits et à des problèmes de confiance en soi, en sa capacité d'apprendre (Péruisset-Fache, 1999). Ceux qui réussissent à apprendre sont ceux qui réussissent à communiquer avec leur milieu (bien entendu, pour ceux qui échouent c'est l'inverse). En fait, la difficulté en lecture est une situation d'échec qui conduit l'enfant à adopter un comportement d'évitement. La situation peut se résumer ainsi : "ON NE COMPREND QUE LORSQU'ON RÉUSSIT CE QU’ON A ENTREPRIS. QUAND ON ÉCHOUE, ON NE COMPREND RIEN D'AUTRE QUE NOTRE ÉCHEC."
Dans un sens, on peut dire que la meilleure école serait celle qui est sensible au potentiel du sujet : lui demander assez mais jamais trop. Cette situation est passablement malaisée à mettre en place dans le contexte actuel car la situation de groupe permet difficilement de tenir compte de la subjectivité de l'individu (différencier dans nos classes, ce n’est pas une mince affaire).
Or, les recherches en psychologie (Crahay, 1999) ont clairement montré que la valeur éducative (développementale) d'un contexte passe entre autres, par : 1) le temps où un adulte se rend disponible en exclusivité; 2) le soutien offert à l'enfant pour s'exercer dans ses acquis.
LA FAMILLE
Pourquoi la famille est-elle le deuxième acteur le plus important, après l'enfant, dans la réussite scolaire ? Parce qu'elle est le premier agent de socialisation.
Elle a en fait une influence BIO-PSYCHO-SOCIALE. L'influence biologique est très problématique pour le système d'éducation qui a fortement tendance à aimer la moyenne et à détester la diversité. Pour sa part, l'influence psychologique nous rappelle que la cognition et l'affectivité sont deux éléments inséparables (Livet, 2002). Quant à elle, l'influence sociale nous renvoie à la culture et aux statuts socio-économiques (Robert et Tondreau, 1997).
Il faut toujours se souvenir que la réussite est reliée à : a) la confiance en soi; b) la capacité de supporter le délai (car l'école est fondamentalement une mise en attente). La confiance de base donne une force du moi. À quelque part sur notre chemin, il faut rencontrer un jour quelqu'un qui est "fou de toi". Sans cela nous finissons par développer de la peur : peur de ne pas être à la hauteur, peur d'être abandonné. Dans l'histoire d'un individu, il faut qu'une fois au moins, une personne nous fasse sentir son amour inconditionnel afin que nous puissions développer une confiance en nous même. Si cela n'arrive pas, l'individu en vient à manquer de confiance en lui. Alors, il devient presque impossible pour lui de se projeter dans le futur : pourtant cette projection est essentielle à sa capacité de "fonctionner".
L'ÉCOLE
Le problème de l'école c'est qu'elle tient insuffisamment compte de la famille comme agent de réussite scolaire. Or, encore aujourd’hui, la famille demeure l'agent de socialisation par excellence.
L'école n'en est pas moins un des seuls (sinon le seul) organisme «communautaire» dans notre société; au sens où tous, ou presque tous, la fréquentent un jour au l’autre et qu’elle est un milieu collectif de vie. Cela lui confère une importance capitale pour l'enfant et pour la société. L’école devra donc continuer ses efforts pour apprivoiser les parents dans l'apprentissage de leur rôle d'agent de réussite scolaire pour l'élève.
Références
Crahay, M. (1999). Psychologie de l’éducation. Paris : PUF.
Gauthier, C., Tardif, M. (Dir.) (2005). La pédagogie. Théories et pratiques de l’Antiquité à nos jours. Montréal : Gaëtan Morin.
Livet, P. (2002). Émotions et rationalité morale. Paris : PUF.
Péruisset-Fache, N. (1999). La logique de l’échec scolaire. Paris : L’Harmattan.
Robert, M., Tondreau, J. (1997). L’école québécoise. Débats, enjeux et pratiques sociales. Une analyse sociale de l’éducation pour la formation des maîtres. Montréal : CEC.

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