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mercredi 29 février 2012

L'idéal contemplatif

Tôt ou tard, dans l'ordre de la connaissance, nous devrons bien redonner ses lettres de noblesse à l'idéal contemplatif.

Imaginer des mondes

Il faut imaginer afin de penser. Il faut créer des mondes afin de comprendre celui-ci.

La métaphysique

Bien des fois on l'a déclarée morte, mais elle est toujours présente en philosophie. Peut-être tout simplement parce que la métaphysique est essentiellement une déclaration d'amour envers le monde.

Le regard d'un enfant

Dans le regard d'un enfant peut se lire toute la nécessité du monde.

La vie éternelle

Si l'être humain ne possède pas la vie éternelle, la vie, elle, l'est peut-être.

Un tour de force

Le capitalisme a réussi le tour de force d'ériger la cupidité au rang de vertu cardinale.

lundi 27 février 2012

Deux catégories de minorités

Will Kimlicka propose une distinction conceptuelle intéressante entre :

- minorité nationale;
- minorité ethnique.

Une minorité nationale est issue d’un processus de conquête ou d’incorporation. Pour elle, Kimlicka propose une large autonomie politico-administrative pouvant même aller jusqu’à l’autodétermination.

Une minorité ethnique résulte pour sa part d’un processus d’immigration et constitue une communauté plus ou moins homogène basée sur des critères ethniques, géographiques ou encore religieux. Vis-à-vis d'elle un État n'a pas à s'engager à lui accorder une autonomie au même titre qu'il devrait le faire pour une minorité nationale.

Référence :
WILL KIMLICKA (1995). MULTICULTURAL CITIZENSHIP. OXFORD : OXFORD UNIVERSITY PRESS.

Le sens chez Emmanuel Levinas

Chez Levinas, le sens est sens dans la mesure où il est une adresse à autrui.

Le sens dans le courant déconstructionniste

Dans le courant philosophique dit déconstructionniste, le sens renvoie au travail d'analyse des discours afin d'en montrer les impropriétés.

Le sens en philosophie analytique

En philosophie analytique le sens renvoie, globalement, aux conditions de vérité.

Le sens selon Husserl

Selon le père de la phénoménologie (Edmund Husserl), le sens se définit prioritairement comme l'orientation sur l'être.

samedi 25 février 2012

Vision sociologique

En sociologie on observe trois grandes approches de l'analyse du monde :

1- l'analyse des causes (objectivisme)
2- l'analyse des raisons (subjectivisme)
3- l'analyse des relations (interactionnisme, ethnométhodologie)

Rappelons que dans une vision sociologique de l'action et de l'expérience, les individus partagent une «grammaire» du monde et, par conséquent, l'intelligibilité du monde, en quelque sorte, s'impose à eux tout autant qu'elle est le produit de leurs activités quotidiennes.

Ajoutons qu'en sociologie, l'action possède un caractère nécessairement collectif et public. Les conduites individuelles obéissent aux exigences de la coordination. Dans l'interaction, il y a de la contrainte, tout ne se négocie pas.

Le monde ne se présente pas comme un chaos car il existe entre les individus un accord préalable sur celui-ci. Cet accord sur le monde n'est pas le produit d'une négociation entre acteurs rationnels mais la condition de possibilité de toutes négociations.

L'individu n'est donc pas libre de faire ce qu'il veut dans l'interaction. Il y a un ordre de l'interaction qui est en quelque sorte une structure de contraintes.

vendredi 24 février 2012

Quelques notes à partir d'un ouvrage de François Dubet

La société n’est plus un système unifié.

Cela entraîne chez les acteurs un sentiment d’étrangeté face à la société.

La société est essentiellement composée de trois systèmes :

- d’intégration (la communauté);
- de compétition (le marché);
- d’action historique (l’appropriation personnelle).

Ces trois systèmes renvoient à trois logiques d’action :

- logique d’intégration;
- logique stratégique;
- logique de subjectivation.

Pour comprendre les acteurs, il faut situer leurs actions par rapport aux trois logiques.

Chaque acteur doit recomposer un sens à son action en regard des trois logiques.

Ainsi, le sens de l’expérience sociale n’est pas donné, il doit être construit.

Dans ces circonstances l’identité est plus un «problème qu’un être». De la même manière le sujet est un «travail». (voir notamment les pages 177-200)

Le sujet se révèle dans la distance à l’expérience. La société est une juxtaposition de :

- communauté (intégration)
- marché (stratégie)
- historicité (subjectivation)

Parce que la société n’a plus de centre, parce que l’action ne répond plus à un seule logique, le sujet se construit à travers la recomposition significative de son expérience personnelle.

RÉFÉRENCE :

François Dubet (1994). Sociologie de l’expérience. Paris : Seuil.

Sur l'entretien compréhensif

Cette note présente l'ouvrage suivant :

Kaufmann, Jean-Claude (1996). L’entretien compréhensif. Éditions Nathan, Paris, 1996, 128 pages.

Résumé : Cet ouvrage se veut une la réflexion de l’auteur (un sociologue praticien) sur sa propre méthode d’enquête : l’entretien compréhensif. S’inspirant de l’anthropologie, la démarche consiste à considérer les interviewés comme des informateurs et à découvrir leurs catégories de pensée, tant pour conduire les entretiens de façon efficace que pour produire des hypothèses. La compréhension intime de la manière dont la personne pense et agit est ainsi utilisée pour mettre en évidence des processus sociaux et développer l’explication sociologique.

N.B. L’ouvrage est conçu en priorité pour l’initiation des étudiants du premier cycle universitaire. Le texte qui suit présente un contenu permettant plutôt la compréhension de cette méthode « l’entretien compréhensif » qui semble se démarquer quelque peu des autres méthodes similaires. Les détails quant à l’application de cette méthode (investigation sur le terrain) ne sont pas notés ici.

Quelques extraits de la longue introduction du livre qui permettent de comprendre « l’entretien compréhensif »:

« Malgré des tentatives répétées, l’entretien semble résister à la formalisation méthodologique : dans la pratique il reste fondé sur un savoir-faire artisanal, un art discret du bricolage (…). L’entretien est d’abord une méthode économique et facile d’accès. Il suffit d’avoir un petit magnétoscope, un peu d’audace pour frapper aux portes, de nouer la conversation autour d’un groupe de questions, puis de savoir tirer du « matériau » recueilli des éléments d’information et d’illustration des idées que l’on développe, et le tour est presque joué (…) » (p. 7).

L’auteur reconnaît qu’il « …n’existe pas une méthode unique de l’entretien mais plusieurs, si différentes entre elles que les instruments qu’elles proposent ont des définitions contradictoires. Les essais de généralisation, aussi compétents soient-ils, ont pour effet de produire de la confusion en lisant ces contradictions. Ce qui justifie la difficulté du perfectionnement de la méthode ». Toutefois, poursuit l’auteur, cette difficulté peut être résolue par l’entretien compréhensif.

Le rapport de l’entretien compréhensif avec d’autres méthodes d’entretien.

C’est une méthode à la fois peu répandue en tant que telle et très proche d’autres méthodes sur de nombreux aspects : elle emprunte beaucoup à des écoles voisines. Elle emprunte d’abord aux diverses techniques de recherche qualitative et empirique, principalement aux techniques ethnologiques de travail et des informateurs. Mais, et c’est là l’originalité de ce livre, les données qualitatives recueillies in situ sont concentrées dans la parole recueillie sur bande magnétique, qui va devenir l’élément central du dispositif. Elle emprunte donc aussi à la technique habituelle de l’entretien semi-directif. Pourtant, les ethnologues seront déconcertés face à cette méthode qui permet par exemple d’analyser les pratiques en utilisant la parole, et les spécialistes de l’entretien semi-directif seront surpris de constater le grand nombre d’inversions de leurs consignes habituelles (sur la neutralité, l’échantillon). Situé au croisement d’influences diverses, l’entretien compréhensif constitue en effet une méthode très spécifique, avec une forte cohérence interne. Ce qui a pour effet de construire des frontières avec les courants voisins, malgré leur proximité ». (p. 8)

Spécificité de la méthode :

- « La spécificité de l’entretien compréhensif pose le problème de son utilisation : la logique d’ensemble doit être comprise avant que tel ou tel élément soit utilisé séparément, dans l’esprit de la méthode (…) ».
- « … l’entretien compréhensif ne se positionne pas n’importe où dans le paysage intellectuel. Le qualificatif, « compréhensif », donne déjà une indication. Il faut le comprendre ici au sens wéberien le plus strict, c’est-à-dire quand l’intropathie n’est qu’un instrument visant l’explication, et non un but en soi, une compréhension intuitive qui se suffirait à elle-même.
- Les principes de l’entretien ne sont rien d’autres que la formalisation d’un savoir-faire concret issu du terrain, qui est un savoir-faire personnel. De cette façon, l’auteur se dit se rapprocher ici des ethnologues et leurs journaux de terrain, avec simplement un dégré de formalisation et de généralisation plus élevé.

- L’objectif principal de la méthode est la production de théorie, selon l’exigence formulée par Norbert Elias : une articulation aussi fine que possible entre données et hypothèses, une formulation d’hypothèses d’autant plus créatrice qu’elle est enracinée dans les faits. Mais une formulation partant du « bas », du terrain, une Grounded Theory (Strauss, Anselm) particulièrement apte à saisir les processus sociaux ». (p. 9)

- Le modèle idéal sur lequel l’auteur se positionne est défini par Wright Mills : c’est celui de « l’artisan intellectuel », qui construit lui-même sa théorie et sa méthode en les fondant sur le terrain. Toutefois, l’«imagination sociologique» doit obéir à des règles précises. L’entretien compréhensif est tout le contraire d’une méthode improvisée.

«L’artisan intellectuel» (pp. 12-13):

C’est pour combattre l’«empirisme abstrait» de la production de données brutes et du formalisme méthodologique, ainsi que la théorie livresque et la spécialisation bornée, que Wright Mills (cité par l’auteur) prend pour modèle les grands auteurs classiques et prône une figure qui ne lui semble nullement périmée : celle de l’«artisan intellectuel».

Ainsi, l’artisan intellectuel est celui qui sait maîtriser et personnaliser les instruments que sont la méthode et la théorie, dans un projet concret de recherche. Il est tout à la fois : homme de terrain, méthodologue et théoricien, et refuse de se laisser dominer ni par le terrain, ni par la méthode, ni par la théorie. Car se laisser ainsi dominer «c’est être empêché de travailler, c’est-à-dire de découvrir un nouveau rouage dans la machine du monde » (1967, p. 127).

Les méthodes adaptées à un usage artisanal plutôt qu’industriel permettent davantage d’apprendre à construire l’objet scientifique dans toutes ses dimensions. L’entretien compréhensif entre dans cette catégorie. C’est un instrument souple, subordonné à la fabrication de la théorie (p. 13).

Dans l’entretien compréhensif, l’enquêteur s’engage activement dans les questions, pour provoquer l’engagement de l’enquêté; lors de l’analyse de contenu l’interprétation du matériau n’est pas évitée mais constitue au contraire l’élément décisif (p. 17).

Débat méthodologique et débat théorique

Pour l’auteur, le débat de méthode est aujourd’hui un débat théorique qui souvent s’ignore (et qui engage l’avenir de la discipline). Autour de cette question de la place de la théorie, et du contenu de cette théorie. Le présent livre s’inscrit dans ce débat et prend clairement position : pour une sociologie des processus, restant fermement arrimée à l’invention théorique (p. 14).

L’analyse de surface

L’opinion de la personne n’est pas un bloc homogène. Les avis susceptibles d’être recueillis par entretiens sont multiples pour une même question, voire contradictoires, et structurés de façon non aléatoire à différents niveaux de conscience. La méthode de l’entretien standardisée touche une strate bien précise : les opinions de surface, qui sont les plus immédiatement disponibles. Il est par contre préjudiciable de penser que l’analyse porte sur les profondeurs, ou pis encore, sur la totalité du «contenu».

Pour l’auteur, le terme d’analyse de contenu est d’ailleurs très mal adapté pour les méthodes qui l’utilisent et dont la caractéristique est de travailler sur le plus explicite et le plus apparent. L’idée de contenu elle-même est problématique, dans la mesure où elle laisse entendre qu’il pourrait être livré de manière intégrale, comme un sac que l’on vide. Or il est très important de bien comprendre que ceci est absolument impossible : tout entretien est d’une richesse sans fond et d’une complexité infinie, dont il est strictement impensable de pouvoir rendre compte totalement.
Ainsi, quelle que soit la technique, l’analyse de contenu est une réduction et une interprétation du contenu et non une restitution de sont intégralité ou de sa vérité cachée. (p. 17-18).

Une autre façon de construire la théorie :

1. « Construire l’objet », une expression devenue courante en sociologie, selon l’auteur.
L’entretien compréhensif propose un « renversement du mode construction de cet objet. L’expression vient en fait des sciences dures de la théorie classique de la connaissance : l’objet est ce qui parvient à être séparé de la connaissance commune et de la perception subjective du sujet grâce des procédures scientifiques d’objectivation.

Dans sa volonté de fonder et de faire reconnaître la sociologie en tant que science, Émile Durkheim (1947) a été conduit à mettre fortement en avant cette idée de séparation d’avec le subjectif, de la « chosification » du social. Depuis, l’obsession de la « rupture épistémologique » et de l’objectivation n’a plus jamais quitté la sociologie, et cela d’autant plus que la discipline n’arrivait pas à atteindre une objectivation d’une qualité comparable à celle qui est obtenue dans les sciences dures. C’est ainsi que les notions d’objet sociologique et de construction de l’objet sont devenues centrales et d’un usage banalisé (p.19).

2. Théorie et technique

Norbert Elias (1993, p. 33) cité par l’auteur, considère que le facteur décisif de la prise de distance avec le savoir spontané est dans la «manière de poser les problèmes et de construire les théories». Ainsi, prendre la technique comme «critère décisif de la scientificité ne touche pas au cœur du problème » (1991, p.65), et constitue en fait une preuve de faiblesse de la sociologie, qui, subissant la pression idéologique de modèles mieux établis, cherche ainsi à se protéger. La technique seule ne peut permettre de construire la distance nécessaire à l’objectivation : elle n’en prend que l’apparence, mais l’objet reste plat. C’est la théorie qui lui donne du volume. Étant bien entendu que, pour ne pas dériver vers la spéculation abstraite, elle doit procéder par hypothèses et procédures de vérification aussi rigoureuses que possible. (p. 20).

3. La sociologie compréhensive

La perspective compréhensive a toujours été très proche des questions posées à la méthodologie qualitative : l’homme ordinaire a beaucoup à nous apprendre, et les techniques formelles à la base du travail de type explicatif ne parviennent à rendre compte que d’une infime partie de ce savoir.

La définition la sociologie compréhensive la plus répandue et sur laquelle beaucoup d’autres peuvent s’appuyer (selon Pugeault, 1995, cité par l’auteur) est celle élaborée par Max Weber (1992) en réaction contre Wilhelm Dilthey :
La démarche compréhensive s’appuie sur la conviction que les hommes ne sont pas de simples agents porteurs de structures mais des producteurs actifs du social, donc des dépositaires d’un savoir important qu’il s’agit de saisir de l’intérieur, par le biais du système de valeurs des individus; elle commence donc par l’intropathie. Le travail sociologique toutefois ne se limite pas à cette phrase : il consiste au contraire pour le chercheur à être capable d’interpréter et d’expliquer à partir des données recueillies. La compréhension de la personne n’est qu’un instrument : le but du sociologue est l’explication compréhensive du social. (p. 23)

4. Théorie et terrain

Le progrès de la méthode ne peut être réalisé que par une articulation toujours plus fine entre théorisation et observation. L’entretien compréhensif a l’ambition de se situer très clairement dans cette perspective, de proposer une combinaison intime entre travail de terrain et fabrication concrète de la théorie.

« La méthode, comme la théorie, est un instrument qui devrait savoir rester souple, variable, évolutif. Norbert Elias, 1993 (cité par l’auteur) souligne un point important à ce sujet : « la méthode évolue historiquement et le point crucial de l’évolution est justement « la confrontation critique » entre théories et observations, mouvement pendulaire ininterrompu entre deux niveaux du savoir » (p. 24).

La validité des résultats

- L’entretien compréhensif, comme les autres méthodes qualitatives, ne peut prétendre à un même degré de présentation de la validité de ses résultats que des méthodologies plus formelles, car elle renferme une part « d’empirisme irréductible ». Selon l’auteur, ce serait une erreur de le pousser dans le sens du formalisme, car sa productivité inventive en serait diminuée. Par contre, il s’inscrit dans un autre modèle de construction de l’objet qui part d’une base solide, l’observation des faits, et doit trouver ensuite les éléments spécifiques lui permettant d’éviter les dérives subjectivistes (p. 25)
- Critères d’évaluation : Dans l’entretien compréhensif, les hypothèses sont tirées de l’observation, ce qui est une bonne garantie de départ, mais pas à l’arrivée : le chercheur peut en effet se laisser aller à des interprétations abusives qu’il sera difficile de déceler. Difficile mais pas impossible dans la mesure où le jugement de la validité des résultats d’un travail qualitatif exige une attention très précise, sur le fond (p. 26). L’important est de comprendre que les instruments techniques offrent peu de garanties, contrairement au processus classique hypothèse-vérification, car ils ne jouent pas le rôle de test. Le seul effet très dommageable est de dissuader les tentatives d’interprétation et de construction d’objet théorique. Les preuves quant à elles, sont à chercher ailleurs.
- La validité d’un modèle tient beaucoup plus à la cohérence des enchaînements, à la justesse d’illustration d’une hypothèse, à la précision d’analyse d’un contexte : à la finesse des articulations entre théorie et observation. Il est toutefois conseillé de fournir autant que possible quelques instruments de contrôle. Il est utile par exemple que les enquêtés puissent être situés à chaque fois qu’ils sont cités, surtout quand les entretiens ont été approfondis, auprès d’un échantillon réduit.

Les trois mondes de Popper

Le grand philosophe des sciences, l'autrichien Karl Popper (1902-1994), distinguait trois mondes :

a) le monde 1 = le monde des objets physiques;

b) le monde 2 = le monde de l'esprit humain;

c) le monde 3 = le monde des produits de l'esprit humain (notamment les théories scientifiques et l'art mais aussi les idéologies politiques).

Pour lui, le 3e monde avait une influence capitale sur le devenir des collectivités (sociétés, cultures, nations, peuples, etc.).

RÉFÉRENCE ;

KARL POPPER (2000). La connaissance objective. Paris : Flammarion. Originellement paru en anglais en 1979.

jeudi 23 février 2012

La complexité

La notion de complexité a été abondamment utilisée en recherche depuis plusieurs décennies. Or, comme bien des notions, elle a donné lieu à bien des définitions de telle sorte que parfois on ne s'y retrouve plus. Je propose donc ici une définition que je souhaite simple et compréhensible.

La complexité est essentiellement une situation où il y a co-engendrement des éléments et de la forme c'est-à-dire que l'état global d'un système dépend directement des états locaux - ceux des parties qui composent le système - et qu'en retour les états locaux dépendent directement de l'état global.

Quelques remarques sur la philosophie

«La philosophie est difficile; c'est une ascèse, elle incarne l'inutile parce que l'essentiel est inutile» (p. 13).

«Philosopher est et demeure interroger» (p. 23).

«La métaphysique est l'ensemble des problèmes qu'aucune question, même résolue, ne saurait épuiser» (p. 51).

«La réalité est une réponse qui est le possible de bien des questions» (p. 67).

«La philosophie est une question en soi, pour elle-même, parce qu'elle est l'interrogativité même qui s'interroge, qui est en question» (p. 151).

Référence :

Michel Meyer (1997). Qu'est-ce que la philosophie ? Paris : Le livre de poche.

La sagesse socratique

Socrate, un des pères de la philosophie, cherchait à fonder rationnellement la morale, c'est-à-dire qu'il cherchait à établir les conditions de possibilités d'une connaissance rationnelle des fins.

La discussion, le dialogue, selon lui, devait donc porter moins sur les moyens que sur les finalités. Est-ce à dire que la philosophie est pure spéculation? Non!

La question essentielle pour Socrate était : Qu'est-ce que le Bien ?

La finalité du questionnement philosophique apparaît alors comme n'étant pas d'abord théorique mais plutôt comme étant concrète, c'est-à-dire tournée vers l'action au sens où philosopher s'est chercher à fonder moralement son action.

Il s'agit de découvrir ce qui vaut pour tous afin de saisir ce qui vaut pour chacun.

Pour Socrate, être vertueux c'est donc être raisonnable. Se connaître soi-même n'est alors pas une invitation à l'introspection mais à obéir à ce qui est.

Pour connaître le Bien, il faut se placer du côté de la raison. Donc, selon cette logique, connaître le Bien c'est le faire.

Enseignement et compétence

Dans une profession comme l'enseignement, la compétence, outre le fait qu'elle est relativement difficile à déterminer, tient non seulement à un corps de savoirs mais aussi à un corps de savoir-faire et à des attitudes, à des manière d'êtres. Or, dans une profession qui se donne comme tâche d'aider autrui à apprendre, l'une des attitudes, une des manières d'être fondamentales sera le rapport aux savoirs (ou à l'apprentissage). Ainsi, le célèbre philosophe français Olivier Reboul disait :«Un maître persuadé qu'il n'a plus rien à apprendre, et que ses élèves n'ont plus rien à lui apprendre prouve moins sa compétence que son incompétence» (Qu'est-ce qu'apprendre? Paris, PUF, 1995, p. 111).

Réflexion sur le temps à l'école

L'institution scolaire adopte encore généralement un modèle du temps scolaire uniformisé qui renvoie à des impératifs administratifs plutôt que pédagogiques. Ce modèle du temps scolaire, qu'on peut dire classique, repose, en gros, sur trois grands principes : 1- uniformité; 2- morcellement; 3- structuration statique.

Or, il semble que ce modèle soit devenu quelque peu «dysfonctionnel». Par exemple, découper l'emploi du temps en heures de cours peut s'avéré être trop long pour les élèves s'ils suivent passivement (ou ne suivent pas du tout) et trop court s'ils sont fortement engagés dans la tâche et ont besoin de réfléchir plus à fond.

Ce modèle dit classique du temps est également contradictoire avec le discours éducatif ambiant qui incite à diversifier les pratiques pédagogiques et le rythme d'enseignement mais laisse l'emploi du temps inchangé.

Ce modèle classique est, enfin, contradictoire avec un certain discours éducatif qui souhaite favoriser le travail en équipe chez les enseignants, leur autonomie professionnelle ainsi que l'autonomie des établissements (tout ce beau monde soumis à un temps uniforme et rigide).

Bien entendu, le temps étant essentiellement une pratique sociale, on ne saurait le penser uniquement en termes quantitatifs (quantité de temps, plages horaires, etc.) mais aussi en termes qualitatifs. Ainsi, s'interroger sur le temps scolaire c'est nécessairement se questionner sur l'usage de ce temps dans l'école et dans les classes et, partant, se questionner sur les pratiques pédagogiques.

RÉFÉRENCES

Burguière, E., Husti, A. (dir.) (1994). École et temps. Actes de colloque. Paris : INRP.

Compère, M.-M. (dir.) (1997). Histoire du temps scolaire en Europe. Paris : Economica.

Desbiens, J.-F., Martineau, S., Gauthier, C. (2001). Augmenter le temps scolaire : mystification ou rationalisation. Dans «Le temps en éducation. Regards multiples», sous la direction de C. Saint-Jarre et L. Dupuy-Walker. Montréal : Logiques. p. 399-421.

St-Jarre, C. (1997). L'étude du rapport au temps chez les enseignantes et les enseignants de l'ordre secondaire du système d'éducation du Québec : une analyse du décalage établi entre le temps tel que prescrit par l'institution et le temps tel que vécu par elles et eux. Thèse de doctorat : Université du Québec à Montréal.

mercredi 22 février 2012

Triangulation en recherche qualitative

En sciences humaines et sociales les approches qualitatives (basées sur des outils comme l'entretien, l'observation, etc.) se sont beaucoup développées ces 30 dernières années. Surtout, le flou artistique des débuts a cédé la place à une pléthore de procédures visant la rigueur scientifique sans singer les approches classiques inspirées des sciences naturelles. L'une de ces procédures pour assurer la rigueur est la triangulation.

Cette notion demeure encore aujourd'hui quelque peu floue. Essayons d'y voir clair rapidement.

La triangulation est une procédure visant la validité des savoirs produits par la recherche.

Elle consiste pour l'essentiel en la superposition et la combinaison de plusieurs perspectives.

Ainsi, on peut distinguer 5 grandes catégories de triangulation :

1- la triangulation théorique qui consiste à utiliser plus d'une perspective théorique pour analyser les «données»;
2- la triangulation des outils de cueillette qui renvoie au fait de faire usage de plus d'un outil (par exemple, utiliser des entrevues, des observations, de l'analyse de documents);
3- la triangulation des chercheurs où la recherche a recours aux points de vue de plus d'un chercheur;
4- la triangulation des sources qui signifie que les données sont recueillies auprès de plusieurs sources différentes;
5- enfin, la triangulation «écologique» où les analyses et les interprétations sont soumises à la vérification auprès des sujets participants à la recherche.

Ce que l'être humain est ...

La tradition philosophique a apporté bien des réponses à ce questionnement.

En voici deux, bien différentes certes, mais qui nous conduisent à réfléchir longuement.

Pour Martin Heidegger :

L'être humain est celui qui comprend ce que signifie l'Être.

Pour Emmanuel Lévinas :

L'être humain est celui qui a entendu et compris le commandement de la sainteté dans le visage d'autrui.

Dans l'un et l'autre cas, les philosophes ne parlent pas des êtres humains en chair et en os (aucun n'a atteint pleinement l'idéal proposé) mais, en quelque sorte, de l'essence de l'être humain.

lundi 20 février 2012

La notion de situation en phénoménologie

La notion de situation en phénoménologie signifie : je suis né à une époque donnée et cela délimite mes «pensables» et mes «possibles». En fait, la situation est autre chose qu'une simple borne objective imposée à une conscience absolue. La situation est plutôt condition de l'action ou, encore, condition de la compréhension. Dans cette optique, pour la phénoménologie, il ne saurait exister quelque chose comme une conscience absolue. Il y a plutôt une appropriation créatrice du sens. Et, cette appropriation créatrice du sens constitue la conscience même (laquelle ne saurait être en surplomb du monde mais est toujours imbriquée en lui).

dimanche 19 février 2012

À lire pour contrer la droite

Partout au Québec les tenants de la droite - sous ses différentes moutures - se donnent le mot pour dépeindre la province comme une terre inhospitalière pour les entreprises, peuplée de paresseux, de gauchistes triomphants, bref, un enfer improductif et endetté. Comme la concentration des médias jouent en la faveur de ce discours, on le retrouve donc partout. C'est pourquoi, il faut lire le petit ouvrage de Jean-François Lisée (Comment mettre la droite K.O. en 15 arguments, Montréal, Stanké, 2012, 151 pages). Comme le titre l'indique, en 15 arguments, il défait le discours de la droite, ce discours qui prolonge la détestation de soi si ancrée dans la psyché québécoise. Ne s'en tenant pas là, l'auteur propose aussi des pistes d'action pour surmonter nos problèmes et dépasser nos limites (qu'il ne nie pas).

vendredi 17 février 2012

L'insuffisance de la philosophie du sujet

Tout au long du 20e siècle, de nombreux philosophes ont montré l'insuffisance de la philosophie du sujet : Heidegger à travers la finitude du Dasein; Sartre par la mise en évidence de l'éclatement du sujet; Merleau-Ponty à partir de la notion de «chair»; Lévinas par le primat de l'Autre; Gadamer en montrant que la compréhension est un événement, enfin, Ricoeur par le recours à la notion de réflexion concrète (la conscience se dépose dans des productions humaines).

Tous ces philosophes ont voulu retracer les structures du vécu et rendre explicites les formes de l'expérience par lesquelles un sens advient en dépassant tout à la fois le psychologisme d'une certaine philosophie et la notion de sujet transcendantal.

Se comprendre selon Paul Ricoeur

Le philosophe français Paul Ricoeur considère que la philosophie ne peut être la science des consciences. Pourquoi ? Parce que l'appréhension directe de soi par soi est impossible : pas plus pour le commun des mortels que pour le philosophe. On ne peut en effet connaître le sujet entièrement par la seule réflexion directe parce que son activité se dépose inévitablement dans des objets, des actes et des oeuvres qui constituent le monde du sujet. Par conséquent, la compréhension de soi - la compréhension de l'être humain - passe nécessairement par l'analyse du monde symbolique, social et culturel où la conscience peut trouver les traces de sa propre activité devenue, en quelque sorte, extérieure à elle-même. La compréhension commande donc l'analyse du langage symbolique, analyse que la philosophie doit mener.

Référence :

Paul Ricoeur (1990). Soi-même comme un autre. Paris : Seuil.

mercredi 15 février 2012

Glissement

Depuis 2006 (et surtout depuis mai 2011), il est permis de penser que le Canada glisse vers un État qui se rapproche dangereusement de l'État policier car les droits des citoyens, les libertés civiles et la démocratie y sont menacés.

Le pédagogue cultivé

Au début des années 2000, le ministère de l'Éducation du Québec avait mis de l'avant une belle idée : la notion de pédagogue cultivé, héritier, interprète et critique ! Qu'est devenue cette idée ? Elle s'est perdue dans le néant de la (des) réforme (s) à la petite semaine, réduite à une compétence comme les autres dans le référentiel de compétences de la formation des enseignants québécois. Or, si la culture ne fait pas à elle seule le pédagogue, il ne saurait y avoir de pédagogue digne de ce nom sans culture.

lundi 13 février 2012

Des tabous bien ancrés

Aujourd'hui, il est devenu tabou de dire que c'est par l'art, la connaissance, la culture et la philosophie que l'être humain peut s'élever. Aujourd'hui, il est devenu tabou de dire que ce qui est essentiel dans la vie ce n'est pas la valeur économique. Aujourd'hui, il est devenu tabou de dire que notre petite personne n'est pas la mesure de toute chose.

Relativisme, cynisme, fatalisme

Le relativisme, le cynisme, le fatalisme sont autant d'attitudes typiques de celui qui a perdu confiance dans l'action politique et dans la culture. Pour lui, le monde ne peut être sauvé. Cette pensée nihiliste ouvre toutes grandes les portes à la cupidité, à l'égocentrisme, à l'exploitation et à la lâcheté. Elle conduit à un monde de violence.

Recommandation de lectures

Je recommande chaudement la lecture de deux ouvrages de Rob Riemen, essayiste néerlandais, fondateur et président de l'institut NEXUS dont le mandat est de soutenir le débat sur la culture et la philosophie.

Riemen, R. (2011). L’éternel retour du fascisme. Paris : Nil éditions.

Riemen, R. (2009). La noblesse de l’esprit. Un idéal oublié. Paris : Nil éditions.

Quand un gouvernement...

Quand un gouvernement ne défend la liberté que lorsqu'il s'agit de la liberté des marchés, quand il nourrit la peur et quand il entretient l'étroitesse d'esprit, alors ce gouvernement fait courir un grand danger à la société.

L'idée de liberté

Nous avons réduit l'idée de liberté à ceci : le droit de consommer à notre guise et de changer de gouvernement aux quatre ans. N'est-ce pas une conception étriquée de la liberté ?

L'effort et la culture aujourd'hui

Sur le plan culturel, ce qui demande un effort est rejeté. Il faut que les «productions culturelles» soient facilement accessibles. Toute dérogation à cette règle est taxée d'élitisme; un grave crime contre la démocratie.

samedi 11 février 2012

vendredi 10 février 2012

Instrumentalisation de la science

La science se voit de plus en plus instrumentalisée. Cette tendance est néfaste non seulement parce qu'elle véhicule une vision très étroite - utilitariste - de la science mais aussi parce qu'elle met en danger les sciences humaines et sociales dans leur projet critique et émancipatoire; et donc la réflexivité de l'être humain sur lui-même.

mercredi 8 février 2012

Nouvelle revue québécoise en philosophie et en SHS

Il faut saluer la parution du tout premier numéro de la nouvelle revue Philo et Cie (magazine de philosophie et des sciences humaines et sociales). Ce numéro - janvier et février 2012 - dresse le portrait de divers penseurs québécois (Jacques Brault, Michel Freitag, Jacques Dufresne) et offre également un entretien sur l'anthropologie avec Francine Saillant. Plus globalement, ce numéro a pour thématique «le pouvoir». On y retrouve donc plusieurs articles de différents auteurs qui abordent cette problématique sous divers angles. Longue vie à cette revue qui paraîtra trois fois par année. On attend déjà avec impatience le prochain numéro prévu pour le mois de mai.

Montaigne, Pascal, Rousseau, Kant, Hegel et nos universités

Montaigne, Pascal, Rousseau, Kant et Hegel reprennent vie et sont professeurs dans une de nos universités. Ils déposent leur demande de titularisation (reconnaissance de l'excellence d'un professeur). Le comité de promotion les avise que, malheureusement, il ne peut répondre favorablement à leur demande car leur dossier de recherche comporte des faiblesses importantes. Le comité relève notamment les points suivants : 1) ils n'ont aucune publication dans des revues arbitrées par les pairs (RAC) et aucune publiée en anglais; 2) certes, ils ont publié mais leur production est trop peu abondante et composée presque uniquement de livres (ce qui, chacun le sait, est moins important qu'un article dans une RAC); 3) ils n'ont en outre aucune subvention de recherche; 4) par ailleurs, le comité constate qu'il n'ont pas démontré que leurs productions pouvaient avoir des retombées concrètes auprès des entreprises privées, des décideurs ou des intervenants. En somme, le comité leur recommande de bonifier leur dossier respectif et les invite à soumettre à nouveau leur demande dans quelques années. À chacun, le comité ajoute cette note : «Le comité vous conseille vivement de renoncer à travailler des mois voir des années à la production d'un seul ouvrage. Ce genre d'investissement est improductif et ne peut être financé par les organismes majeurs de subventions. De plus, le comité note qu'il serait opportun de réorienter vos recherches sur des thématiques pouvant avoir des retombées directes pour les milieux économiques, les décideurs politiques ou les intervenants professionnels. Il vous conseille donc d'associer des partenaires à vos projets et de vous assurer que la diffusion de vos travaux ne se limite pas au cercle restreint de la communauté savante».

La droite décomplexée

Le discours de la droite décomplexée, dans sa démagogie, nous propose un monde de compétition, d'inégalités, d'individualisme. Un monde où tous les rapports sociaux sont ramenés à des rapports marchands. Le régime minceur que cette droite veut faire subir à l'État ne porte que sur ses fonctions de redistribution de la richesse (l'égalité est un crime pour les tenants de cette droite). À l'inverse, dans ses fonctions de surveillance et de répression (police, armée, pénitenciers), l'État engraisse rapidement sous ses politiques. En fait, contrairement à ce qu'elle prétend, cette droite nous propose un monde de violence et de diminution des droits fondamentaux (de la personne, d'expression, d'association). Son discours véhicule une vision dangereusement réductrice de l'être humain. Sous les apparences de combattre pour la liberté, elle cautionne en fait la domination des plus forts. Si on porte quelque peu attention à leurs arguments, on constate bien vite que les ténors de la droite, 300 ans avant J.-C. à Athènes, se seraient rangés du côté de ceux qui ont condamné Socrate à la mort (quelqu'un qui critique l'ordre établi est un traître à la patrie), auraient applaudi la Grande Inquisition et sa torture (il ne faut pas défier la loi et l'ordre; tout est justifiable quant il s'agit du «bien du peuple»), auraient soutenu la nécessité économique de l'esclavage aux 18e et 19e siècles (question de «positionnement sur les marchés», de compétitivité, d'avantage comparatif, la mondialisation des marchés a des exigences auxquelles il faut répondre), bref, ils se seraient rangés du côté de l'oppression et de l'injustice au nom des impératifs économiques ou de la raison d'État. Comme bien des mouvements et des groupes dans l'histoire, cette droite loge du côté sombre de l'humanité et en révèle la part la moins honorable.

mardi 7 février 2012

Bonheur, éthique et liberté

Ce que nous apprend la tradition philosophique - plus de deux fois millénaire - c'est que bonheur, éthique et liberté sont étroitement liés. Le préjudice fait à l'un affecte les deux autres. La recherche de l'un va de pair avec celle des autres. La philosophie nous apprend aussi que l'être humain s'illusionne souvent sur le sens et le contenu à donner à ces trois grandes valeurs. Bien qu'il cherche constamment à les atteindre, il se trompe le plus souvent de chemin pour son plus grand malheur.

dimanche 5 février 2012

La violence

La violence est une bête que nul ne peut prétendre avoir vaincue une fois pour toutes. Elle fait partie de nous. Quiconque souhaite ne pas y céder doit savoir qu'il engage un combat sans fin.

On lira avec intérêt :

Roger Dadoun (1993). La violence. Essai sur l'«homo violens». Paris : Hatier. Collection Optiques philosophiques.

vendredi 3 février 2012

Les meilleures pratiques en enseignement

Bien des chercheurs en sciences de l'éducation soutiennent qu'il est possible d'identifier les meilleures pratiques en enseignement. Si, effectivement, la recherche peut mettre au jour des pratiques plus efficaces que d'autres en matière d'enseignement scolaire, il ne faut toutefois jamais oublier que ses meilleures pratiques ne sauraient avoir un caractère universel et que, par conséquent, leur généralisation doit être faite avec une infinie prudence. En éducation, il ne faut pas oublier que la solution aux problèmes de la pratique ne peut exister indépendamment de la prise en compte du contexte d'exercice (matériel, institutionnel, relationnel, etc.). Dit autrement, une pratique ne saurait être bonne en elle-même mais seulement plus ou moins adaptée au contexte et en fonction de certaines normes, de certaines valeurs.

Scientificité dans l'approche interprétative

Ce qu'il faut faire lorsqu'on refuse la posture positiviste, hypothético-déductive ou expérimentale, c'est ne pas adopter un modèle de fidélité et de validité de la recherche calqué sur les sciences de la nature. Plutôt, il faut faire en sorte que notre démarche de recherche soit explicite dans chacune de ses étapes, dans chacun de ses choix et qu'ainsi elle soit compréhensible à autrui.

Sciences de l'éducation

Actuellement, la grande majorité des recherches en sciences de l'éducation semblent avoir totalement oublié que la pratique de l'éducation en milieu scolaire, avant d'être une technique, est un rapport social historiquement et culturellement construit.

Analyse du travail enseignant

Les recherches sur le travail enseignant oublient la plupart du temps la dimension anthropologique des pratiques éducatives.

Normativité et sciences humaines et sociales

Tout au long de leur développement, les sciences humaines et sociales, en construisant leur scientificité, ont tourné le dos à la normativité. Or, enfants de la philosophie, sciences de l'être humain, les SHS devraient moins renier qu'assumer pleinement le caractère fondamentalement normatif de leurs recherches.

mercredi 1 février 2012

Colère et indignation

Lorsque je pense à la cupidité des économiquement puissants. Lorsque je songe à la lâcheté et à la fourberie de trop nombreux de nos élus. Lorsque me vient en tête les malheurs et les souffrances que leurs actions et leurs attitudes engendrent dans la population (et causent tout spécialement aux moins nantis), je n'ai pas de mots assez forts pour exprimer ma colère et mon indignation.

Responsables et solidaires

Quand nos gouvernements nous demandent d'être responsables et solidaires, de faire des efforts, c'est le plus souvent pour maintenir, voire accroître, les privilèges des puissances économiques. À celles-ci, il n'est jamais demandé d'être responsables et solidaires, de faire des efforts.

Question !

Y a-t-il quelqu'un qui croit encore que nous vivons dans un régime vraiment démocratique ?

Satisfaire les puissances économiques

Nos gouvernements s'emploient à satisfaire d'abord les intérêts des puissances économiques, s'il leur reste du temps et si cela ne va pas à l'encontre de ces puissances, il leur arrive de penser aux intérêts de l'ensemble de la population.

Un pouvoir hors du commun

Les puissants d'aujourd'hui exercent un pouvoir de domination qu'aucun de leurs semblables n'ont connu à aucune époque.

Autoritarisme

Depuis plusieurs décennies nous vivons une montée fulgurante de l'autoritarisme et des rapports de domination.