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vendredi 31 août 2012

Monde tyrannique

Partout où la connaissance, la culture, la science et la théorie sont mises à mal, dévalorisées, on voit resurgir un monde tyrannique où l'intolérance règne en maître. 

La facilité du nihilisme

Le nihilisme est très populaire en philosophie et en sciences humaines et sociales. Il ne semble pourtant être qu'une maladie de l'esprit contemporain, une sorte de pensée facile, paresseuse, qui, sous le couvert d'un jargon souvent abscons, se donne des allures de profondeur.

jeudi 23 août 2012

Un sophisme courant en enseignement

Le sophisme le plus répandu chez les enseignants c'est celui de l'expérience : «je le sais, je l'ai vécu»; «mon expérience vaut plus que ta théorie»; «ce que je dis est vrai car j'ai l'expérience». Comme si l'expérience livrait son sens toujours de manière limpide et univoque et qu'elle ne pouvait être interprétée de différentes manières. Comme si l'expérience ne pouvait pas être trompeuse. Comme si l'expérience était immédiatement et en tout temps généralisable. Il y a là une méprise importante sur ce qui fait la validité d'un savoir.

mercredi 22 août 2012

Introduction à une certaine philosophie

Pour une introduction décapante à un certain genre de philosophie, on lira avec profit l'ouvrage suivant du philosophe britannique Simon Blackburn :

Blackburn, S. (2003). Penser. Une irrésistible introduction à la philosophie. Paris : Flammarion. Paru originellement en anglais en 1999.

On peut également consulter son site web à l'adresse suivante :

Problématologie

Le philosophe Michel Meyer travaille depuis de nombreuses années à redéfinir la manière de faire et de penser la philosophie. Il tente de dégager un chemin entre l'idéalisme - qui estime que ce que nous connaissons du réel n'est jamais qu'une image construite à partir de nos catégories de pensées et non pas une image qui montre le monde tel qu'il est - et le réalisme, qui prétend, lui, qu'il est possible d'accéder directement à la nature des choses. Selon Meyer, les deux approches s'épuisent inutilement à rechercher une réponse quand il serait préférable de se pencher sur la question soulevée. En effet, la question - la «science» des questions serait la problématologie selon Meyer - est plus importante que la réponse. Le philosophe tente de démontrer que les traditions philosophiques ont, historiquement, refoulé la question des questions.  Ainsi, l'ontologie est née du désir de voir le questionnement de la pensée enfin vaincu car il serait le contraire de la vérité. Or, pour Meyer, la question est primordiale et l'ontologie est insoluble a priori. L'ontologie, qui pense l'Être, ne peut que constater que celui-ci est multiple et que, par conséquent, la réponse qu'on lui donne ne peut également qu'être multiple. Autrement, l'Être se manifestant de multiples manières, il ne peut que demeurer toujours problématique. Ainsi, l'Être ne devrait pas être considéré comme l'opérateur de l'identité mais plutôt comme celui de la différenciation problématologique. Pour Meyer, l'Être est donc le marqueur de la différence entre la question et la réponse. On peut dire la même chose du cogito de Descartes : une fois de plus il s'agit de faire disparaître la question au profit de la réponse.

 On peut prendre l'exemple du débat sur la fin des fondements. L'absence de fondement fait courir le risque du cynisme, du nihilisme, de l'opportunisme, du relativisme. Il faut en sortir à coup sûr. Or, Meyer soutient que la sortie de la crise de la philosophie réside dans l'option de prendre acte que le fondement ultime c'est le questionnement lui-même et non pas une réponse quelle qu'elle soit. En somme, la sortie de crise ne saurait passer par un retour aux fondements anciens qui ont fait long feu : le cosmos, la cogito, l'Être, Dieu, etc. La sortie de crise est donc dans l'arrêt du refoulement des questions, dans le fait de cesser de mettre l'accent uniquement sur les réponses. Il faudrait donc arrêter de voir la «problématicité des choses» comme étant une force négative contre laquelle on doit lutter à tout prix. 

Les sciences modernes et la vie en société démontrent pourtant, toujours selon Meyer, que tout est «questions». Il est possible et nécessaire de réhabiliter la notion de fondement en ramenant sur le devant de la scène la question plutôt que de s'évertuer à faire de la proposition l'unité de base de la Raison. Le questionnement dont parle Meyer est un questionnement qui ne s'épuise pas dans une recherche de la réponse définitive (qui est une manière de nier l'importance fondatrice des questions). De la sorte, on redonnerait sens à la quête philosophique. Cela pourrait aussi, aux dires du philosophe, favoriser une meilleure harmonisation de la philosophie et de la science. La première s'occupant des questions (problématologie) et la seconde des réponses. La philosophie ainsi pensée devient en quelque sorte, la science des questions.

Parmi les nombreux écrits de Michel Meyer, je commande particulièrement, l'ouvrage suivant :

Michel Meyer (2005). Comment penser la réalité ? Paris : PUF.

mardi 21 août 2012

Le danger des absolus

«Dans leur foi zélée en une idéologie absolue de la science, les antithéistes reflètent quelquefois ceux qui ont une foi tout aussi zélée en l'idéologie de la religion».

Richard Kearney

Référence :

Kearney, R. (2011). Dieu est mort, vive Dieu. Une nouvelle idée du sacré pour le IIIe millénaire : l’anathéisme. Paris : Nil.
p. 323

Démocratie et éducation

Ce n'est que par un effort soutenu de penser que la démocratie peut échapper à la démagogie. La démocratie est donc la responsabilité de chacun et étroitement liée à l'éducation au sens le plus large.

Vivre comme un homme

«Vivre comme un homme parmi les hommes : c'est le seul objectif qui ne mente pas. L'humanité n'est pas une maladie, dont il faudrait guérir, ni un salut, qu'il faudrait atteindre. Elle est le point de départ et le point d'arrivée, le chemin et le but».

André Comte-Sponville

Référence:

Comte-Sponville, A. (2008). Le miel et l’Absinthe. Poésie et philosophie chez Lucrèce. Paris : Hermann éditeurs.
p. 93 

Définition de la philosophie

«La philosophie est une pratique discursive qui a la vie pour objet, la raison pour moyen et le bonheur pour but».

André Comte-Sponville

Références :

Comte-Sponville, A. (2000). Le bonheur, désespérément. Paris : Éditions Pleins Feux / Librio.
p. 13.
Comte-Sponville, A. (2000). L’amour la solitude. Entretiens. Paris : Albin Michel.
p. 20.

Aristote et le bien faire

Chez Aristote la praxis n'est pas opposée à la theoria mais à l'artifice. L'esprit d'artifice préside à la fabrication. Il s'incarne dans la technè (savoir qui guide un pouvoir-faire). Le savoir qui guide la praxis c'est la phronesis (prudence). Or, la technè est subordonnée à la phronesis. La praxis n'est pas l'action faite selon des règles ou l'application d'un savoir mais plutôt notre situation originelle en tant qu'humains. Dans le rapport entre pouvoir-faire et le juger bon de faire, le 2e thème l'emporte en importance. Ainsi, le pouvoir-faire ne saurait garantir la bonne action à faire s'il n'est guidé par la phronesis. En d'autres termes, une compétence technique ne peut garantir la compétence à agir pour le Bien. Par conséquent, il apparaît fort hasardeux de détacher la réflexion sur le pouvoir-faire (technè), les moyens, de celle sur le faire pour le Bien (le juger bon, la phronesis). Dans nos sociétés, la pensée instrumentale (technè) prétend pouvoir se passer du savoir réfléchi (phronesis). Il s'agit là d'une grave erreur qui conduit à bien des dérapages. 

lundi 20 août 2012

Quelques propos sur Paul Ricoeur

Pour le philosophe français Paul Ricoeur - 1913-2005 - la conscience n'est ni une origine, ni un fondement. Elle est plutôt une tâche à faire.

Volonté
Ricoeur développe une phénoménologie de la volonté en pensant la conscience comme ce qui dit «je veux». Selon lui, nous nous comprenons nous même d'abord comme volonté. Il ne faut toutefois pas penser cette volonté comme souveraine, comme une subjectivité qui domine le monde et les évènements. Au contraire, la volonté est pensée chez Ricoeur comme enchevêtrement perpétuel de volontaire et d'involontaire. Assumer la partie involontaire de ma volonté - le monde qui résiste, l'inconscient, etc. - signifie passer de la volonté que j'ai à la volonté que je suis. Ainsi, la volonté que je suis coïncide avec mon existence, avec tout mon être.

Comprendre
Pour le philosophe français, comprendre c'est passer par la «voie longue» de la médiation notamment celle des productions humaines. On ne part donc jamais de zéro dans notre réflexion mais, toujours, on recommence; recommencement nourri du langage, nourri des oeuvres de l'humanité.

L'être humain
L'être humain est ainsi à la fois finitude (notre vie prend fin un jour) et infinitude à travers les oeuvres avec lesquelles nous dialoguons. L'infinitude de l'être humain se trouve dans le langage qui est certes un système de signes mais qui est aussi - et peut-être surtout - un discours c'est-à-dire capacité de dire quelque chose sur le monde tant pour soi que pour les autres.

L'extériorité
Donc, afin de me penser, je dois nécessairement passer par l'extériorité (langages, oeuvres, autrui). Cette rencontre de l'extériorité est nécessaire et représente non seulement une exigence épistémologique mais aussi un principe éthique.

Enseignement et école

La poussée extrême vers la technicité et vers la performativité en enseignement s'est faite au détriment de l'inscription de l'enseignant dans une tradition morale et intellectuelle pouvant à la fois supporter et légitimer son agir professionnel. Par ailleurs, la désacralisation du savoir ruine l'entreprise éducative car elle ramène l'école au simple rôle de pourvoyeuse de connaissances monnayables sur un marché du travail.

L'École en crise

En tant qu'institution, l'école semble résolument en crise dans ses rapports notamment avec le travail, les médias, et les institutions politiques. Elle n'échappe pas aux marchés des biens, des idéologies et des services. L'école apparaît plus souvent comme un lieu d'affrontements plutôt qu'un lieu de savoirs.

jeudi 16 août 2012

Les sophistes

Depuis Platon, les sophistes ont mauvaise réputation. Ils auraient été des opportunistes prêts à vendre leur savoir aux plus offrants ou encore simplement de mauvais philosophes, des fumistes quoi. La réalité est bien plus nuancée. Pour s'en faire une idée, on lira avec profit la reproduction de la partie que le philologue et helléniste allemand Theodor Gumperz (1832-1912) leur consacrait dans son monumental ouvrage Penseurs de la Grèce. Cette partie de son ouvrage est à notre disposition grâce aux éditions Manucius.

Référence :


Gomperz, T. (2008). Les sophistes. Houilles : Éditions Manucius. Texte reproduit de l’édition française parue en 1908 dans une traduction de l’allemand réalisée par Auguste Raymond. 148 pages.

Le philosophe Jean Grondin

Je recommande chaudement la lecture de l'ouvrage du philosophe québécois Jean Grondin, spécialiste notamment de Gadamer et de l'herméneutique. Il s'agit d'un parcours à la fois fascinant, accessible et concis (150 pages de texte) à travers la pensée de ce grand philosophe.

Référence :

Grondin, J. (2011). À l'écoute du sens : entretiens avec Marc-Antoine Vallée. Montréal : Bellarmin. Collection L'essentiel.

Le sens

Dans le constructivisme qui règne actuellement en sciences humaines et sociales, il est d'usage de dire que nous construisons du sens. Or, la tradition de pensée phénoménologique et herméneutique nous apprend qu'à proprement parler, nous ne construisons pas de sens. Plutôt, nous le co-constituons en dialogue avec la chose visée. Cette manière de comprendre le sens qui advient évite ainsi un psychologisme naïf où l'ego apparaît comme souverain sur le monde. La tradition de pensée phénoménologique et herméneutique met en évidence le fait que l'ego est en dialogue avec une chose déjà porteuse de sens.

Obsession de la maîtrise

Nous en sommes venus à ne concevoir la connaissance et la compréhension que dans l'optique d'une maîtrise du monde. Or, il peut y avoir une connaissance et une compréhension qui ne visent pas la maîtrise de quelque chose.

Philosopher et espérer

Philosopher c'est toujours, d'une manière ou d'une autre, espérer.

mercredi 15 août 2012

L'abus de puissance comme problème éternel

L'abus de la puissance est peut-être le problème essentiel à «gérer» dans toute vie collective. Or, aucune solution définitive ne semble possible à cet égard. Ainsi, la question se pose sans cesse. La réponse qu'on lui donne en dit long sur la nature de la société.

mardi 14 août 2012

Sagesse et ignorance

Nous semblons oublier trop souvent que la sagesse réside moins dans l'accumulation de connaissances que dans la prise de conscience de notre ignorance. Et, cette prise de conscience est essentiellement ouverture à l'altérité.

Éducation réductrice

En éducation aujourd'hui l'esprit scientifique préconise les résultats vérifiables et l'esprit mercantile n'en a que pour les connaissances rentables. Dans tout cela, c'est la culture, le jugement et la sagesse qui sont sacrifiés.

lundi 13 août 2012

Trois manières réductrices de voir le sens

Le constructivisme prétend que le sens se réduit à un construit. Le nihilisme, lui, soutient que le sens n'est au fond que facticité. Le nominalisme, enfin, voit dans le sens une illusion. Trois manières de concevoir le sens qui sont réductrices et conduisent à un cul-de-sac.

samedi 11 août 2012

Les philosophes et le gouvernement

Bien que le gouvernement des philosophes soit une utopie conçue par Platon - utopie qui ne peut s'incarner totalement dans la réalité - il est évident qu'actuellement il y a beaucoup trop de comptables et d'économistes dans nos gouvernements et qu'il y manque cruellement de philosophes.

Violence et bêtise

La violence qui se cache au fond du discours néolibéral - discours qui soutient le capitalisme financier - n'a d'égale que son abyssale bêtise (mais cette bêtise est efficacement diffusée et imposée comme vérité).

Véritable démocratie

Une véritable démocratie c'est lorsque tous les citoyens ont voix au chapitre, lorsque la richesse ne donne  pas accès à plus de contrôle sur les politiques du gouvernement, lorsque ces politiques sont adoptées pour le bien commun et non pour le bien de quelque-uns. La démocratie est un idéal à poursuivre contre tout ce qui veut la détruire.

Éternelle lutte

Les temps de haine ne sont jamais loin. Toujours, l'être humain doit recommencer à lutter contre ce qui en lui est le plus bas. Individuellement ou collectivement, la victoire - lorsqu'elle survient - n'est que provisoire. L'oubli de cette lutte éternelle représente un important danger. 

samedi 4 août 2012

Des luxes

Aujourd'hui, le silence et la longueur de temps sont des luxes que peu d'entre nous réussissent (et veulent) se payer.

L'éducation et la mémoire

L'éducation actuelle semble avoir tourné le dos à l'importance de la mémorisation. Or, le "savoir par cœur"  a son importance dans tout apprentissage.

vendredi 3 août 2012

L'Amérique

«L'Amérique n'a pas été découverte, elle a été tuée. Elle a été assassinée, torturée, violée».

Serge Bouchard

Référence :
Bouchard, S. (2012). C'était au temps des mammouths laineux. Montréal : Boréal. Collection Papiers collés.
(p. 133)

Mon pays...

«Mon pays, ce n'est pas un pays, c'est un arrangement juridique malcommode et une montagne d'inculture historique».

Serge Bouchard

Référence :
Bouchard, S. (2012). C'était au temps des mammouths laineux. Montréal : Boréal. Collection Papiers collés.
(p. 57)

jeudi 2 août 2012

Une vision réductrice de l'être humain

L'anthropologie que propose le capitalisme en est une où l'être humain est réduit à n'être qu'un acteur égoïste cherchant la seule satisfaction de ses besoins et de ses désirs. Il s'agit là d'une vision considérablement appauvrie de l'être humain, vision démentie par les savoirs des sciences humaines et sociales.

Un nouveau rapport à la consommation

Il est impératif de travailler à développer un rapport nouveau à la consommation, un rapport qui soit plus respectueux des ressources limitées de la Terre et plus équitable dans la répartition des richesses. Toutefois, même si des milliers voire des millions de personnes y travaillent depuis des années, cet objectif est loin d'être atteint car des forces immenses et terriblement puissantes oeuvrent de façon très efficace pour que nous échouions à l'atteindre.

Désillusion et cynisme

La désillusion et le cynisme représentent deux grands dangers de notre monde car ils ont pour effet de soutenir le statu quo, lequel nous conduit directement à une catastrophe planétaire.

mercredi 1 août 2012

Confusions actuelles

Le bonheur se conjugue avec la possession de biens matériels et le conformisme. La citoyenneté rime de moins en moins avec obligations et devoirs. Le légitime désir d'améliorer son sort est ramené à la poursuite de l'enrichissement à tout prix. La culture est réduite au divertissement. L'ouverture à la différence cache au fond de l'indifférence. Le relativisme exprime le mépris pour la recherche de la vérité. Ces maux, bien actuels, ne sont toutefois pas si nouveaux. Les grands penseurs du passé (Socrate, Platon, Aristote, Plotin, Sénèque, Cicéron, Épictète, pour ne nommer que ceux-là) s'y sont frottés.

Évangile de la compétitivité

«L'évangile de la compétitivité affirme que le monde n'est pas fait de droits, mais de conquêtes».

Riccardo Petrella

Référence :

Petrella, R. (2007). Pour une nouvelle narration du monde. Montréal : Écosociété.
(p. 35)

Enjeu fondamental

L'enjeu fondamental dans nos sociétés actuelles, celui qui en somme détermine les autres enjeux, c'est de savoir si nous voulons ou non d'une société où la marchandisation de tout et la poursuite des bénéfices prime sur les autres finalités sociales et les droits des individus et des collectivités.