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vendredi 28 juin 2013

Un grand ancêtre des historiens

Hérodote (2012). Histoire. Édition électronique Amazon pour Kindle. Original publié vers 445 avant notre ère.

mercredi 26 juin 2013

Système social et liberté

Un système social n'est jamais entièrement réglé, contrôlé. Les acteurs ne peuvent se réduire à des fonctions abstraites et désincarnées. En effet, à l'intérieur d'un système social (qui impose toujours de nombreuses contraintes), l'acteur dispose malgré tout d'une certaine marge de liberté (plus ou moins grande) qu'il utilise de manière stratégique dans ses interactions avec les autres acteurs (Crozier et Friedberg, 1ère édition 1977, collection Points 1981).
Référence complète:

Crozier, M., Friedberg, E. (1981). L'acteur et le système. Paris. Seuil.

Neutralité et intervention

«Il est impossible d'adopter une neutralité totale dans toute situation d'intervention : bien au contraire, la démarche de l'intervenant transporte le poids de ses appartenances et de ses identités, suit les trajets de ses habitudes culturelles et prend la coloration de ses jugements de valeur et de ses préférences. Toute tentation consciente de dépouillement de ces attributs plus ou moins visibles, demeure une action orientée vers un idéal qui est hors d'atteinte.» (Marc-Adélard Tremblay, 1990, p. 23-24).
Référence complète:
Tremblay, M.-A. (1990). Les fondements historiques et théoriques de la pratique professionnelle en anthropologie. Université Laval. Faculté des sciences sociales. Département d'anthropologie. Laboratoire de recherches anthropologiques. collection Outils de recherche.

mardi 25 juin 2013

Le juste milieu

Le juste milieu a souvent mauvaise presse. On le voit comme étant un synonyme de moyenne; manière «fade» et ordinaire de prendre position. Or, il est possible de voir le juste milieu autrement; à la manière des Grecs anciens. En ce cas, le juste milieu représente plutôt un point instable qui ne peut être dissocié du risque. Il n'est alors pas synonyme de médiocrité, mais d'équilibre entre deux forces opposées.

Combat à l'issue incertaine

Notre système économique - qui a toujours été imparfait et inéquitable - a été détourné de façon outrancière au profit de 1% de la population (et encore plus au profit du 0.01 %) et au détriment des 99 %. Bien des économistes proposent des correctifs à cette situation mais les puissants n'ont pas intérêt à les écouter. Les 99 % devront donc forcer la main aux dirigeants (et ils ont commencé à le faire un peu partout dans le monde). Pour ce faire, nous devons cesser de croire aux mensonges dont les médias à la solde des puissants nous abreuvent jour et nuit. Combat difficile dont l'issue est pour le moins incertaine.

lundi 24 juin 2013

Les sciences humaines et sociales

Les sciences humaines et sociales ont accumulé des trésors de savoirs pour nous comprendre mieux...qu'en faisons-nous ? Nous préférons nous fier aux idées reçues, à la doxa, aux préjugés et aux stéréotypes, attirés que nous sommes par les démagogues.

dimanche 23 juin 2013

Croire au changement

Toujours refuser de suivre ceux qui nous disent que le monde est à prendre comme il est car il ne peut être changé.

Technique et éthique

Notre monde : des techniques si performantes, une éthique si déficiente.

Mauvaise foi

La mauvaise foi : une attitude tellement répandue.

Neuf vies pour lire

Parfois, je voudrais bien être comme les chats et avoir neuf vies....histoire d'avoir le temps de lire plus de livres.

vendredi 21 juin 2013

Culture

En matière de culture, il ne saurait y avoir de trop plein.

Absolu

L'être humain est un animal épris d'absolu...mais certains voudraient lui faire croire qu'il peut se contenter de la raison instrumentale.

Le comment et le pourquoi

Certains ont soutenu - et soutiennent encore - qu'expliquer le comment est suffisant et que la science y répond admirablement bien. Mais, si comprendre le comment est important (et la science y arrive de mieux en mieux), rien n'a pu empêcher les êtres humains de tous les temps de s'interroger sur le pourquoi des choses...et là, la science n'est d'aucun ressort.

mercredi 19 juin 2013

Pour continuer à s'indigner !

Joseph E. Stiglitz (2012). Le prix de l'inégalité. Paris : LLL.

Un autre ouvrage percutant de ce prix Nobel d'économie et grand pourfendeur des dérives du monde économique

Vous avez dit scientisme ?

Le scientisme se définit par deux caractéristiques majeures :

«1) La connaissance scientifique, non pas seulement dans son projet mais sous sa forme et avec ses techniques actuelles, est un absolu. 2) Tout problème est réductible à un problème scientifique» (Granger, 1988, chapitre 5, note 24, p. 272).

Référence

Granger, G.-G. (1988). Pour la connaissance philosophique. Paris. Odile Jacob.

Savoir comme mise en ordre pour dialoguer

Le savoir, qui se traduit généralement par un énoncé, est une mise en ordre de quelque chose, c'est une organisation du monde à débattre avec autrui. 

Formaliser la pratique enseignante

Les diverses recherches dans le domaine de l'enseignement renvoient à la nécessité de formaliser le métier. Cette formalisation passe en premier lieu par : 1) l'identification des caractéristiques propres à l'activité de l'enseignant en classe, 2) ensuite par l'analyse et la validation des savoirs qu'elle mobilise 3) et enfin, par une problématique de la médiation de ces savoirs relativement stables appropriés à une situation complexe. 

Éthique et morale

On peut associer la morale à la norme et l'éthique à la visée. Ainsi, il y a primauté de l'éthique sur la morale car la visée est plus générale que la norme. Cependant, la visée éthique doit s'incarner dans des règles morales (des normes). Il n'en demeure pas moins que l'éthique permet le dépassement des normes (la morale) devenues inadéquates (voir Paul Ricoeur, Soi-même comme un autre, Paris, Seuil, 1990, notamment à partir de la page 200). De plus, l'éthique n'est pas un surplus d'âme qui s'ajoute à l'action mais au contraire quelque chose qui agit et se manifeste à l'intérieur même de l'action et en constitue la dimension proprement humaine. Par exemple, chez Habermas (Théorie de l'agir communicationnel, 2 volumes, Paris, Fayard, 1987) l'éthique est présente dans l'action de communiquer, c'est-à-dire plus précisément, dans la rencontre entre des acteurs qui s'interdisent l'argument d'autorité, l'intimidation, la menace ou la violence physique et cherchent plutôt à se comprendre par la parole. Finalement, dans son ouvrage Le paradoxe de la morale (Paris, Le Seuil, Collection «Points», 1989), Jankelevitch soutient que ce qui constitue véritablement l'exigence éthique, selon sa terminologie, c'est la «préférabilité inconditionnelle d'autrui». Celle-ci ne s'exprime pas envers un seul type d'hommes ou une seule catégorie d'individus mais envers tous les êtres humains.

mardi 18 juin 2013

Éducation : des préoccupations qui changent

Autant le débat, dans les décennies soixante et soixante-dix portait sur la démocratisation des études, autant le rôle de l'école dans la transmission des connaissances et des compétences préoccupe maintenant la société.

lundi 17 juin 2013

Sur l'enseignement

Placé devant un groupe d'élèves qu'il doit instruire et éduquer, l'enseignant ne peut se reposer totalement sur les savoirs que lui fournissent les sciences de l'éducation. Autonome dans sa classe, il doit littéralement «ruser» afin de persuader les jeunes de sa propre légitimité et de celle de son action. La participation des élèves est nécessaire à la réussite du projet éducatif. Cette participation doit être négociée dans chaque classe par chaque enseignant; elle demande du temps, du tact, de l'assurance et du jugement. Par ailleurs, l'enseignement, en tant que travail de nature interactive, nécessite le jugement, la ruse.  Le travail interactif, parce qu'il porte sur un objet mouvant et complexe, échappe, en partie du moins, à la rationalité technocratique et demande l'autonomie du travailleur. L'indispensable ajustement au contingent qui mobilise sans arrêt le jugement, la capacité de transiger avec la complexité du réel, la nature de l'objet (un autre être humain) font en sorte que l'agir  professionnel de l'enseignant ne peut être télécommandé de l'extérieur et procéder d'une simple application des savoirs formalisés.

vendredi 14 juin 2013

Pédagogie : un peu d'histoire

On peut faire l'hypothèse que la manière d'enseigner dans les écoles s'est modifiée en profondeur au XVIIe siècle. En effet, la confluence d'un certain nombre de facteurs contribue alors à provoquer ce changement.  La Réforme protestante, la Contre-réforme catholique, l'émergence d'un nouveau sentiment de l'enfance et des problèmes urbains liés au désoeuvrement d'un nombre grandissant de jeunes, concourent à l'accroissement notable de la fréquentation scolaire et à l'augmentation du nombre d'écoles. Cette conjoncture nouvelle provoquera l'apparition de problèmes d'enseignement également nouveaux.  On ne peut plus désormais enseigner au singulier, dans un rapport un à un, un maître avec un élève, comme on le faisait depuis des siècles. Depuis l'Antiquité grecque, en passant par le Moyen Âge et la Renaissance, la manière d'enseigner s'était fort peu modifiée. Ce qui pouvait tenir lieu de méthode d'enseignement se limitait à organiser le contenu selon une logique «disciplinaire» (le contenu, la matière), à faire lire, relire, apprendre par coeur, copier. Or, pendant longtemps, il n'était pas nécessaire de remettre en cause une façon séculaire d'enseigner puisque durant quinze siècles le contexte d'enseignement avait fort peu évolué : dans le sens précis où il n'y avait presque pas d'élèves dans les classes.  Cette façon de faire ne peut cependant plus tenir la route quand, à partir du XVIIe siècle, on retrouve dans les écoles beaucoup plus d'élèves (certaines classes peuvent compter jusqu'à 100 élèves dans les grandes villes comme Paris ou Londres). Imaginons un enseignant dans une telle classe demander aux élèves de venir à tour de rôle réciter leurs leçons auprès de lui à son bureau alors que la masse des autres est livrée à elle-même (comme c'était la pratique courante).  Il est évident que l'enseignant ne pouvait plus fonctionner comme auparavant, qu'il ne pouvait plus utiliser cette méthode individualisée du type «un à un».  Il doit donc inventer une nouvelle façon de faire la classe pour répondre à ce nouveau contexte où il est tenu d'enseigner simultanément à un groupe d'élèves. C'est cette nouvelle façon de faire la classe pour répondre à des exigences inédites du contexte qu'on peut appeler «pédagogie». Le savoir pédagogique qui se met alors en place est issu de cette expérience des enseignants qui codifient leur «savoir faire la classe». La pédagogie - au sens où on l'entend ici - rompt avec la manière d'enseigner où la connaissance de la matière suffisait à elle seule pour soutenir le rapport individuel de l'enseignant à son élève. Qu'était-ce donc alors que la pédagogie? On peut dire, une méthode et des procédés pour faire la classe dans ce nouveau contexte, un discours et une pratique pour faire apprendre «tout à tous», «plus, plus vite et mieux», selon les mots de Coménius. La pédagogie de cette époque c'est en quelque sorte la formalisation du «savoir faire la classe» dans des traités qui donnent une série de conseils à l'enseignant non seulement au sujet du contenu de la matière et de la façon de le faire passer mais aussi sur tous les aspects de la vie de la classe, de l'organisation du temps et de l'espace à la gestion des conduites des élèves, à leur posture et à leurs déplacements, des micro-événements aux grandes étapes qui scandent diversement le cours de l'année scolaire. Ces habiletés, conseils pratiques, attitudes et savoir-faire, transmis et légués par les enseignants chevronnés à ceux des générations suivantes, constitueront bientôt un code plus ou moins uniforme des savoir-faire, une véritable tradition pédagogique, une sorte de dispositif de répétition de la manière de faire la classe, tradition qui se transmettra d'ailleurs jusqu'au XXe siècle sans réelles modifications. C'est donc l'apparition d'un nouveau contexte qui a obligé les enseignants du XVIIe à modifier en profondeur leur manière d'enseigner et à prendre en compte la totalité des aspects de la vie de la classe. 

Multiculturalisme

Si le multiculturalisme a, à l'évidence, des bons côtés - tolérance, acceptation des différences, égalité des groupes ethniques, etc. -  il porte toutefois en lui des effets pervers fort dangereux pour le tissu social notamment en le fragmentant.

mercredi 12 juin 2013

Bref résumé d'une recherche de Ferguson et Womack sur la formation en enseignement

On entend souvent dire que la formation à l'enseignement a peu d'effet sur la pratique...pourtant...il y a vingt ans....

Ferguson P. et S. T. Womack (1993). «The Impact of Subject Matter and on Teaching Performance». Journal of Teacher Education, 44 (1), 55-63. 
 Selon la littérature existante :
A thorough grounding in subject matter is essential in the preparation of novices for teaching as well the argument that subject matter knowledge makes a difference in teaching.
The evidence indicates that while the subject matter knowledge is an important prerequisite for effective teaching, it is not sufficient in and of itself and that knowledge beyond that typically required for certification does not result in increasing the quality of teaching performance.
The existing body of research strongly suggests that teacher education makes a difference in teaching performance.
Sujet de l'étude : As a part of it effort to evaluate the effectiveness of its teacher education program, the study assessed the extent to which education and subject matter coursework predict the teaching performance of student teachers completing the program.
Résultats de l'étude : The findinds of this study indicate that coursework in teacher education makes a positive difference in teaching performance and that education coursework is a more powerful predicator of teaching effectiveness than measures of content expertise.
Conclusion : The findings of this study add to the body research indicating that teacher education makes a difference in teaching performance. 

mardi 11 juin 2013

Trois types d’activités humaines

A) activités opératives
Transformation de l’environnement physique du sujet.
B) activités de pensée
Transformation par le sujet de ses conceptions, ses représentations, ses idées...
C) activités de communication
Mobilisation de signes en vue d’interagir avec autrui.

Ces trois types d’activités humaines entretiennent des relations d’investissement réciproque.

dimanche 9 juin 2013

Günther Anders

Günther Anders est un intellectuel allemand, né en 1902 à Breslau et mort à Vienne en 1992. Il s'est fait connaître notamment comme critique de la modernité technique et du développement de la force nucléaire.
Deux oeuvres à lire :
  • Anders, G. (2010). Et si je suis désespéré, que voulez-vous que j’y fasse ? Entretien réalisé en 1977 avec Mathias Greffrath. Paris : Éditions Allia.
  • Anders, G. (2009). La Haine. Rédigé en 1985. Traduit de l’allemand et préfacé par Philippe Ivernel. Paris : Rivages poche / Petite bibliothèque.

Déplorable disparition

Le sens de l'honneur et le sens du bien commun, où sont-ils passés ? Disparus chez nos dirigeants avec la culture de la cupidité !

samedi 8 juin 2013

La guerre de trente ans

Schiller, F. von (1881). Histoire de la guerre de trente ans. Paris : Hachette. Traduction en français par A. Regnier. Version ebook réalisée en 2012 dans le cadre du projet Gutenberg. http://www.gutenberg.org/wiki/Main_Page

Le grand Friedrich von Schiller raconte la guerre de religions qui déchira le Saint Empire romain germanique durant le premier tiers du 17e siècle. À lire pour l'histoire et pour la beauté de l'écriture classique (belle traduction de l'allemand).

Éducation : brèves notes sur l'empire romain et le Moyen âge

Introduction
Fin d’un empire
Montée fulgurante d’une nouvelle religion
Début d’un temps nouveau
Une période trouble : le moyen âge
Constitution des écoles
Rome et le monde romain
Fondation de Rome : 753 av. J.-C.
Période de la royauté jusqu’en 509 av. J.-C.
Période de la république jusqu’en 27 av. J.-C.
L’Empire jusqu’en 476 ap. J.-C.
Reprise de l’héritage des grecs : au 2e siècle av. J.-C. ; César et Cléopâtre parlent grec.
2 empires : Rome (5 siècles) et Byzance (mille ans)
Dans la Rome ancienne (6e s. av. J.-C.), une éducation rudimentaire : on apprend que ce qui est utilitaire…
Les savoirs : lecture, écriture, calcul, entraînement militaire.
Les valeurs : respect des ancêtres, dévouement à la patrie.
L’éducation se raffine grâce aux grecs au 2e s. av. J.-C.
Les profs sont grecs, on enseigne la grammaire, la rhétorique, la littérature.
            De 12 à 16 ans le jeune fréquente le grammaticus (étude de la langue et la littérature) ;
            De 16 à 17 ans il va chez le rhéteur (éloquence).
C’est même la mode pour les familles riches romaines d’envoyer son enfant étudier en Grèce auprès d’un orateur réputé.
Paix Romaine : l’éducation diffuse la culture latine.
 Une civilisation urbaine.
Une civilisation qui a le génie civil : aqueduc, voies romaines, plan d’urbanisme, théâtres, thermes (Cluny), Amphithéâtres ou Arènes (combats de gladiateurs), Cirque (Colisée de Rome rectangulaire peu contenir 350 000 personnes).
Un mode de vie et une citoyenneté accessible à tous
Tolérance religieuse
Les débuts du christianisme
L’empire romain tolère les autres religions.
La religion romaine s’inspire de celle des grecs (Zeus devient Jupiter, Aphrodite devient Venus, Poséidon devient Neptune, etc.).
La religion romaine est une religion sans clergé.
Son but est moins l’élévation spirituelle que la préservation de la cité et du peuple.
Chez les romains les morts sont malheureux et certaines cérémonies ont pour buts d’apaiser leur colère.
Ainsi cette religion apparaît faible devant celles qui promettent une éternité heureuse : succès à Rome des cultes égyptien à Isis et perse à Mithra.
C’est le cas du christianisme. 
Le christianisme une religion au carrefour de 3 grandes civilisations : juive, grecque, romaine.
Une religion tolérée puis persécutée : parce qu’elle menace l’État (refus de prêter serment à l’empereur) et fait preuve elle-même d’intolérance envers les autres croyances ; tendance des chrétiens au martyre.
La persécution contribue peut-être à la popularité de cette nouvelle secte : la foi devient publique car tous peuvent voir ces chrétiens mourir dans la joie…..ce qui rend cette religion attrayante pour des romains habitués à considérer la mort avec peur.
313 (Édit de Milan) l’empereur Constantin) accorde aux chrétiens la liberté de culte.
380 Théodose fait du christianisme la religion officielle de l’Empire.
Le Moyen Âge
2 grands phares à l’Est
-         Byzance ;
-         L’Islam.
Les malheurs de l’Occident
-         décompositions de la société urbaine ;
-         invasions barbares (Francs, Burgondes, Vandales) ;
-         invasions normandes, arabes et hongroises (9e s. et 10e s.) ;
-         la culture lettrée en péril.
La féodalité
-         un régime économique
-         vie autarcique sur les terres d’un seigneur qui assure la protection militaire du cerf qui produit pour lui.
-         un régime politique
-         le seigneur exerce le droit de justice et de police ;
-         morcellement du pouvoir où le roi n’exerce pas une autorité réel sur ses vassaux.
L’Église seule institution organisée
-         Si tous les gens d’église ne sont pas instruits, tous les gens instruits sont des gens d’église.
-         Une institution qui offre des services : assistance (soins aux malades) et l’éducation.
L’Église donne naissance aux écoles
Une doctrine qui change les finalités de l’éducation :
Une doctrine qui place l’homme au-dessus de la patrie (la personne a une valeur sacrée car l’éducation doit en faire non pas un citoyen mais un disciple de Dieu).
Types d’écoles :
-         monacales (monastères);
-         épiscopales (fondées par les évêques);
-         presbytérales (paroissiales).
Qu’est-ce que l’école au moyen âge ?
            Un milieu moral organisé.
Une seule inspiration : la religion.
Coordination étroite de tous les enseignants vers un même but : intention religieuse.
Comparaison entre l’école de l’Antiquité et celle du moyen âge
Le Moyen Âge verra aussi apparaître des écoles pratiques au 13e s.:
- Dans les grandes cités négociantes d’Italie et des Flandres des écoles de commerce où on enseigne les langues vivantes, les mathématiques, la comptabilité.
- Dans les cités du sud de la France et en Angleterre des écoles de droit, de dictamen (art de rédiger des actes).
Charlemagne et l’école du Palais
-         Son projet : faire l’unité de l’Europe ;
-         Il fonde l’Empire qu’on appelle carolingien ;
-         Une nécessité : l’alliance avec le clergé.
-         L’école du Palais regroupe les plus grands intellectuels de l’époque en occident.
-         Une école «nomade» ;
-         Un programme encyclopédique
-         Le trivium : enseigne les règles de l’esprit et les formes de raisonnement, enseignement formel qui tourne autour de la grammaire, de la rhétorique et de la dialectique.
-         Le quadrivium : les connaissances relatives au monde des objets, arithmétique, astronomie, géométrie, musique.
L’éducation de la Chevalerie
Elle possède son idéal propre et présente un développement autonome.
L’éducation physique y occupe une place essentielle (entraînement militaire et équitation).
Le savoir est avant tout un savoir-faire (connaissances pratiques telles la chasse).
Mais d’autres domaines sont aussi présents : le chant, la musique, les bonnes manières.
Cette éducation contribuera à la courtoisie, au respect de la femme, au développement du sentiment de l’honneur ce qui humanisera un peu les rapports sociaux du moins chez les nobles.
Les origines de l’université
L’université prend naissance au Moyen Âge.
 Elle est dite studium generale ce qui la distingue du studium particulare (ou scola) qui est un établissement non universitaire.
Les premières universités reçoivent leur autorisation d’exister directement du Pape : par exemple celle de Paris dont les statuts sont rédigés par le légat du pape en 1200.
Grandes universités européennes :
-         Oxford (1206) ;
-         Naples (1224) ;
-         Cambridge (1231) ;
-         Montpellier (1283).
Avant l’année 1300, on voit apparaître un quinzaine d’universités.
Dès le départ elles sont divisées en facultés.
Les 1ère facultés sont celles de théologie, de droit et de médecine.
La faculté des arts assure souvent le rôle de propédeutique à l’entrée dans les autres facultés (elle joue un peu le rôle du collégial).
Les universités attirent des étudiants et des enseignants de tous les pays. De ce fait, elles contribuent dans une certaine mesure à faire naître une sorte d’esprit européen.
Elles sont liées au pouvoir de l’Église, ce qui en fait des lieux assez conservateurs.
L’enseignement universitaire se veut plus utilitaire que celui des écoles. On prépare un prédicateur, un officier de justice, un médecin, etc.
Les maîtres et élèves se constituaient en corporations, confréries et société de secours mutuel, qui défendaient leur indépendance mais se querellaient souvent.
Les universités étaient en fait de petits États dans l’État. Elles possédaient leurs propres tribunaux, coutumes et disputes entre «voisins».
La vie d’un étudiant universitaire de l’époque
On pouvait entrer à la faculté des arts à 14 ans.
Les étudiants étaient dispensés d’impôts.
Ils s’attachaient à un maître en particulier.
Les cours se donnaient un peu n’importe où (parfois dans une grange).
La vie étudiante pouvait même être une condition permanente.
À la fin du 12e s. des résidences sont construites pour recevoir les étudiants pauvres ou étrangers : on y est logé et nourri pour peu de frais.
On crée aussi des résidences (sortes d’hôtels) où maîtres et étudiants vivent en commun sous la direction d’un principal.
À côté des études, les étudiants menaient souvent une vie assez dissolue : les altercations étaient fréquentes. Les étudiants fréquentaient les tavernes et parfois, une soirée bien arrosée dégénérait en bataille générale.
La scolastique
11e au 13e s. : les croisades (libérer Jérusalem des mains des musulmans).
Au contact des arabes, les chrétiens redécouvrent le savoir des grecs anciens.
Aristote devient un auteur incontournable.
Son oeuvre laisse entrevoir comment il est possible de fonder un savoir qui puisse servir de base à la foi et défendre la religion chrétienne contre les hérétiques.
On sent le besoin d’éclairer les rapports de la raison avec la foi.
Ce sera l’œuvre du mouvement scolastique qui occupe le devant de la scène intellectuelle du 12e au 14e s.
Qu’est-ce que c’est ?
Un enseignement philosophique et théologique fondé sur la tradition aristotélicienne interprétée par les théologiens.
Le terme aujourd’hui est synonyme de dogmatique et sclérosé.
La dialectique devient la branche du trivium la plus importante : savoir raisonner logiquement.
La scolastique est un savoir formel qui tourne le dos aux connaissances de la nature.
Ce sera là son erreur et cela conduira à sa perte devant l’avènement de la méthode scientifique (Descartes).
Y a-t-il une pédagogie au Moyen Âge ?
Si on définit la pédagogie comme un ensemble de mesures et de savoirs visant à contrôler systématiquement l’acte d’enseigner…il faut alors répondre….Non !
Pourquoi cette réponse négative ?
Un enseignement traditionnel qui reprend essentiellement la méthode de l’Antiquité.
Une fréquentation scolaire peu répandue.
Donc, peu besoin de réfléchir sur comment éduquer.
Connaître sa matière est jugé suffisant.
Enseignement élémentaire : apprendre à lire, écrire, compter et chanter.
L’enseignement ne se fait pas simultanément à tout le groupe mais un à un.
Mémorisation : la voie privilégiée de la connaissance
(l’école médiévale est le royaume du «par cœur»).
Enseignement secondaire : trivium et quadrivium.
La méthode d’enseignement repose sur la lectio.
Enseigner c’est simplement lire et commenter un texte.
On discute les passages difficiles (quaesto) et on débat (disputatio).
Formation des maîtres : inexistante.
Traités d’enseignement : aucun…les ouvrages en éducation sont le fruit de philosophes/théologiens qui réfléchissent sur le rapport de l’homme à la connaissance et non pas sur le pratique du métier.
Conclusion
La civilisation romaine permet de maintenir les acquis des Grecs.
Le Moyen Âge perd les acquis des Grecs.
L’Église chrétienne s’affirme comme une institution majeure.
Elle donne naissance en quelque sorte au concept moderne d’école.
Mise en place d’un embryon de système scolaire grâce à Charlemagne.
La scolastique devient la doctrine unique de l’Église et influence l’enseignement.
Pas de souci pédagogique.
L’apprentissage se résume à lire, copier, apprendre par cœur, commenter des textes classiques.
Références
Brunet, A. (1990). La civilisation occidentale. Paris: Hachette.
Marrou, H.-I. (1981). Histoire de l’éducation dans l’Antiquité. Tome 2 Le monde romain. Paris : Seuil. 1ère édition parue en 1947. 
Vial, J. (1995). Histoire de l’éducation. Paris: PUF.

jeudi 6 juin 2013

L'éducation en Grèce ancienne : quelques repères

Introduction

La société grecque vit une crise de la culture :
            Faire face à l’avenir sans pouvoir s’appuyer sur des fondements assurés.
Conséquence pour l’éducation :
            Des interrogations ….
                        Qu’est-ce qui est digne d’être enseigné ?
                        Dans quel monde voulons-nous vivre ?
                        Que souhaitons-nous pour nos enfants ?
                        Quelle culture doit être enseignée à l’école ?
Ces questions sont au cœur même de la fondation de notre civilisation.
            C’est-à-dire que la civilisation occidentale naît d’une crise des valeurs et de la culture.
Environ 400 ans avant notre ère, les Grecs anciens vont justement connaître une crise profonde de leur culture.
Cette crise va s’incarner dans une remise en question de la religion, du pouvoir et de la tradition qui forment les 3 sources des modèles de vie, de penser, d’agir en occident.
Les premiers penseurs de l’époque vont largement contribué à dissoudre les certitudes sur lesquelles s’appuyait jusque là la culture grecque.
La crise de la culture grecque, tout comme celle que nous vivons, sera une crise des modèles sur lesquels nous pouvons nous appuyer.

La société des Grecs 

L’apogée de cette civilisation se situe aux alentours des années 500-338 av. J.-C. 
Il s’agit d’une société méditerranéenne.
Une société essentiellement agricole.
Une société esclavagiste :
«Il y a les outils inanimés ; les outils animés : les animaux ; et les outils qui parlent : les esclaves» (Aristote). 
Cités-États :
            Les 2 plus connues sont Athènes et Sparte. Les cités-états grecques sont indépendantes les unes des autres et souvent en guerre.
Une société démocratique :
            Une démocratie réservée à une minorité : les hommes grecs.
Une société faite pour les hommes libres :
            Les grecs s’adonnent à la politique, à la guerre, aux arts, aux sciences et aux sports. 
La société grecque : la 1ère société ouverte
Une société fermée est une société traditionnelle, religieuse et autoritaire.
Une société ouverte est une société qui fait l’expérience profonde du pluralisme et du relativisme.
Tradition :
            Dans la société fermée, l’être humain s’oriente en fonction de modèles de comportements et de pensée prédéfinis.
            Dans la société ouverte, l’être humain s’oriente en fonction de ses propres choix et des ses valeurs personnelles.
Religion :
            Dans la société fermée, l’être humain se réfère à un modèle surhumain.
            Dans la société ouverte, l’être humain est la mesure de toute chose.
Autorité :
            Dans la société fermée, l’être humain peut se référer à des modèles vivants ou morts qui font autorité et consensus pour l’ensemble de la population.
            Dans la société, l’être humain ne se reconnaît souvent pas de modèles qui font autorité pour lui et, lorsqu’il le fait, ces modèles ne font pas consensus dans la population.
La démocratie :
            Le pouvoir n’appartient pas à un roi ou un groupe de gens mais aux citoyens.
            Ceux-ci négocient en assemblée publique (agora) les décisions à prendre pour la cité.
            Par conséquent, la parole devient l’instrument suprême du pouvoir.
La parole :
            Au centre de la vie politique athénienne.
            Discourir sur la place publique nécessite cohérence et capacité à argumenter.
            Le citoyen grec est donc amené à développer des compétences particulières.
            Celles-ci sont : la logique, la rhétorique, la dialectique, la rationalité, etc.
            Elles donnent naissance à la philosophie et à la science.
La démocratie sert donc de base à toute une transformation de la culture.
L’organisation sociale détermine en bonne partie ainsi les contenus à enseigner.
Une société fondatrice
3 valeurs centrales :
            Les société grecque valorise 3 éléments au fondement même notre civilisation occidentale :
-         la pensée rationnelle ;
-         la parole ;
-         l’être humain.
Un nouveau modèle de la culture :
            La valorisation des 3 éléments ci-haut mentionnés conduit au développement d’un nouveau modèle culturel.
            Celui-ci repose sur le rationalisme et l’humanisme.
-         Pour le rationalisme le monde est ordonné par des règles accessibles à la raison (cela signifie que la vérité est accessible à celui qui se donne la peine de la chercher) ;
-         Selon l’humanisme l’être humain est capable de se gouverner lui-même. 
Ce qui émerge alors en Grèce c’est l’idée d’un individu libre, responsable, autonome, rationnel.
Ces valeurs seront au cœur de l’éducation grecque.
Elles sont toujours au cœur de la nôtre ; c’est dire la modernité de cette civilisation vieille de 2500 ans.
Les Grecs ne cherchent pas à éduquer un type d’homme particulier mais à faire émerger l’être humain dans son essence même.

L’ÉDUCATION GRECQUE

Distinction entre éduquer et enseigner
Tous les peuples éduquent…
            L’éducation est nécessaire à l’être humain parce que, contrairement aux animaux, celui-ci ne dispose pas à la naissance d’un instinct développé. L’être humain, plus que tous les autres êtres vivants, doit apprendre pour survivre. Plus encore, ce qu’il doit apprendre, c’est lui-même qui le détermine car les savoirs et compétences nécessaires varis en fonction de la société qu’il se créer. L’animal évolue dans un environnement, l’homme habite un monde. L’homme se créer une culture et doit la faire apprendre à ses enfants : l’être humain est donc socialisé à travers l’éducation qu’il reçoit.
L’éducation est donc l’action que des adultes exercent sur et avec des enfants afin de les intégrer à la communauté et leur faire intérioriser la culture. 
L’enjeu de l’éducation est donc énorme : il s’agit rien de moins que la perpétuation de la société et son devenir.
…Mais tous n’ont pas enseigné.
Dans les sociétés traditionnelles (fermées), l’éducation se fait dans la famille (culture commune ou première) ou auprès d’un spécialiste d’un métier (artisan) ou d’une activité (guerrier).
La transmission ici ne passe pas obligatoirement par le langage (imitation). Par conséquent, le savoir n’est généralement pas théorisé.
Les Grecs vont connaître à la fois l’éducation traditionnelle et une nouvelle éducation : en fait l’enseignement. 
Le terme «pédagogue» tire son origine de la société grecque. Il désignait tout d’abord l’esclave chargé de conduire le jeune étudiant chez ses maîtres. 
À cette époque on ne peut pas encore parler d’écoles. Les étudiants ne suivent pas leurs cours au même endroit. Ils vont plutôt à divers endroits rencontrer individuellement un maître, expert dans une discipline. 
Les Athéniens auront à choisir entre 3 formes de paidéia (éducation générale) :
-         celle des Sophistes ;
-         celle des mathématiciens ;
-         celle de Socrate et des philosophes à sa suite.
Mais seule la 3e portera sur les fins de l’éducation.

LES SOPHISTES

Les premiers enseignants 
Les philosophes, plus spécifiquement les Sophistes.
Ils ne sont pas des spécialistes d’un métier.
Ils enseignent pour de l’argent.
Ils ne sont spécialistes que de l’enseignement.
Qui sont les Sophistes ?
Des savants, des philosophes, des critiques de la société, leur arme est le langage. Celui-ci est vu avant tout comme un instrument de pouvoir.
Ce sont des relativistes qui enseignent qu’il n’existe pas de vérités absolues, que tout est relatif, question d’opinion,
Qu’enseignent-ils ?
À bien parler en public !
La grammaire, la rhétorique, la dialectique, lesquelles s’opposent à l’arithmétique, la géométrie, l’astronomie et la musique (acoustique).
Se dessine donc déjà l’opposition entre 2 formes d’éducation générale (paidéia) : l’une convenant à l’ingénieur l’autre au politicien.
À qui enseigne-t-on ?
            Aux adolescents (garçons)
            Les enfants sont confiés aux femmes. 
En quoi leur enseignement est-il représentatif du contexte social et culturel :
-         une société démocratique où savoir parler est un outil de pouvoir ;
-         une culture qui a perdu ses repères et dont les enseignants professent que toute connaissance est relative (la connaissance n’est plus révélation des dieux mais invention des hommes). 
Qu’est-ce qui différencie l’éducation sophistique ?
Par rapport à l’éducation familiale, elle se fait en dehors de la famille et moyennant un paiement.
Par rapport à l’éducation artisanale, elle est non spécialisée, elle dispense une culture générale.

SOCRATE

Socrate : un grand professeur 
Qui est-il ?
            Né Athènes en 470/69 av. J.-C.
Un fils d’un sculpteur (Sophronisme) et d’une sage-femme (Phénarète).
Il s’est marié et a eu 3 enfants
Quel savoir prétend-il posséder ?
            Aucun. 
À qui enseigne-t-il ?
            À tous ceux qui veulent s’entretenir avec lui.
Pourquoi se comporte-t-il ainsi ?
            Il cherche à connaître, il cherche l’essence des choses.
Il s’oppose à la fois aux Sophistes qui prétendent tout savoir et aux ignorants béats qui ignorent leur ignorance.
Socrate est un homme en quête de savoir.
Comment enseigne-t-il ?
            Par la maïeutique !
Elle est «l’art du questionnement par lequel le maître fait accoucher le disciple de la vérité qu’il portait en lui mais qu’il avait oubliée» (Jean Brun, Socrate, Paris, PUF, p. 55). 
Le but de l’apprentissage :
            Connaître non pas pour maîtriser le monde matériel ou pour réussir dans la vie mais pour s’améliorer sur le plan moral. Socrate n’a pas une vision utilitariste du savoir.
La connaissance:
            Elle est pour Socrate garante d’une perfectibilité de l’être humain. Plus on sait, mieux on est. Toutefois, la connaissance encyclopédique n’est pas un but en soi. En effet, le «connais-toi toi-même» de l’oracle de Delphes est moins une invitation à tout connaître qu’à approfondir la condition humaine.
La 1ère tâche de l’enseignant :
            Faire prendre conscience à autrui de son ignorance pour l’amener à s’interroger. 
Socrate comme exemple de l’homme nouveau :
            Il ne peut plus se satisfaire des croyances traditionnelles, ni des fausses certitudes des supposés savants. Socrate est l’homme du doute, il cherche les fondements de son actions et de ses croyances, mais aussi l’homme de la certitude, celle que la vérité existe et que l’homme peut l’atteindre.
Éducation socratique :
            Elle est une éducation basée sur la conviction que tout être adulte est rationnel, capable d’apprendre. Elle définit aussi l’acte d’apprendre comme un processus où l’apprenant est actif et non passif. Le dialogue est au cœur de ce processus.
Socrate sera condamné à mort pour avoir apparemment corrompu la jeunesse athénienne avec ses pratiques et ses idées. 
Comme le dira Jean Brun : «le procès de Socrate c’est le procès fait à la pensée qui recherche, en dehors de la médiocrité quotidienne, les problèmes véritables» (Socrate, Paris, PUF, 1992, p. 38).

PLATON

Qui était-il ?
            Un disciple de Socrate !
            Né en 427 et mort en 347 av. J.-C.
            Il a donc environ 28 ans quand Socrate meurt.
Platon veut aller plus loin que Socrate car sa mort est selon lui l’échec non pas de sa pensée mais de son éducation : le dialogue ne suffit pas. 
Platon va lier étroitement politique et éducation : son ouvrage La République.
Réformer la société, sortir de la crise de la culture, nécessite la création d’un être nouveau. Or, cet être neuf ne peut émerger que par l’éducation.
Mieux on éduque, moins on a besoin de coercition.
Son système philosophique : (la dualité du monde)
            Il existe 2 mondes : le nôtre et celui des Idées ou essences.
            La connaissance véritable porte non pas sur le contingent mais sur l’absolu.
            Ensuite, l’absolu c’est ce qui ne change pas.
            Ce qui ne change pas ce sont les Idées pures (le Beau, le Bien, etc.).
            Le seul savoir qui compte vraiment c’est celui qui porte sur les essences.
            La connaissance véritable est donc purement contemplative.
Donc, qu’est-ce que connaître ?
            C’est répondre à un appel vers l’élévation, c’est un acte passionnel.
La nature de l’éducation :
Un processus de libération qui va des connaissances purement sensorielles vers les Idées pures. 
But de l’éducation :
            Vaincre les passions du corps pour laisser éclore la pensée rationnelle.
Méthode éducative :
            Un long processus d’apprentissage qui comporte différents paliers où l’individu en formation voit graduellement ses croyances remises en question, où il vit des expériences de rupture (mythe de la caverne).
Programme complet :
            Platon est le 1er penseur occidental à concevoir un programme éducatif allant de l’enfance à l’âge adulte.
Méritocratie :
Tous seront éduquer (garçons et filles, riches et pauvres). Le mérite seul déterminera les statuts et vocations. 
Le savoir de l’enseignant :
            Il ne sera plus seulement celui du savoir parler des Sophistes ou du savoir argumenter de Socrate mais plutôt un savoir objectif basé sur la contemplation des essences.
Changement dans l’activité éducative :
Elle cesse graduellement de n’être qu’un modèle de communication pour devenir un véritable programme cognitif. L’accent ne porte plus sur la relation entre 2 individus mais sur un triangle : l’enseignant, l’étudiant, le savoir.


CONCLUSION

Une éducation morale : 
En s’interrogeant sur les finalités de la connaissance et de l’éducation, Socrate et Platon ont cherché non pas seulement à connaître les objets mais aussi à connaître ce qui est et ce qu'est le Bien. Ainsi, leur enseignement vise en quelque sorte à identifier les savoirs qui doivent diriger notre conduite.
Or, pour eux, connaître le Bien c’est obligatoirement le vouloir car la connaissance du bien n’est pas seulement représentation d’un objet mais aussi conscience d’une valeur.
En effet, nul ne peut vouloir ce qu’il juge contraire à ses intérêts, ce qu’il croit sincèrement comme mal. 
Ainsi, pour Socrate et Platon, la volonté est déterminée par la connaissance : celui qui connaît le vrai Bien voudra le vrai bien. Connaissance et vertu sont donc liées.

Quelques références

1- Brun, J. (1992), Socrate, Paris : PUF. 2- Châtelet, F. (1965). Platon. Paris : Gallimard. 3- Delattre, M. (1998). Platon. Paris : Quintette. 4De Romilly, J. (2010). La grandeur de l’Homme au siècle de Périclès. Paris : de Fallois. 5- De Romilly, J. (2005). L’élan démocratique dans l’Athènes ancienne. Paris : de Fallois. 6Dufresne, J. (1994). La démocratie athénienne. Miroir de la nôtre. Ayer’s Cliff : La bibliothèque de l’Agora. 7- Gomperz, T. (2008). Les sophistes. Houilles : Éditions Manucius. Texte reproduit de l’édition française parue en 1908 sous la traduction de l’allemand par Auguste Raymond. 8- Gonthier, T. (1996). Les grandes œuvres de la philosophie ancienne. Paris : Seuil. 9- Graf, A. (1996). Les grands courants de la philosophie ancienne. Paris : Seuil. 10- Hadot, P. (2004). Éloge de Socrate. Paris : Éditions Allia. 11- Hadot, P. (2001). La philosophie comme manière de vivre. Entretiens avec Jeannie Carlier et Arnold J. Davidson. Paris : Albin Michel. 12- Jolibert, B. (1987). Raison et éducation. L’idée de raison dans l’histoire de la pensée éducative. Paris : Klincksieck. 13- Larochelle, C. (1999). Socrate. Sage et guerrier. Montréal : Les Intouchables. 14- Marrou, H.-I. (1981). Histoire de l’éducation dans l’Antiquité. Tome 1 Le monde Grec. Paris : Seuil. 1ère édition parue en 1947. 15-  Platon (1966). La République. Paris : Gonthier. 16Vergely, B. (1996). Platon. Toulouse : Milan. 17- Vergely, B. (1997). Les philosophes anciens. Toulouse : Milan.