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vendredi 29 novembre 2013

Choix

Chacun de nos choix est une proposition que l'on fait au reste du monde. Sommes-nous conscients de cette immense responsabilité ?

Un penseur inclassable

Le «philosophe» allemand Günther Anders (1922-1992), fut un critique féroce de la modernité et un penseur original. Il n'a eu de cesse de nous mettre en garde contre les dangers de notre propre extermination que nous fait courir le monde technique.

Anders, G. (2013). La bataille de cerises. Dialogues avec Hannah Arendt. Suivi d’un essai de Christian Dries. Traduit de l’allemand par Philippe Ivernel. Paris : Bibliothèque Rivages.

Anders, G. (2010). Et si je suis désespéré, que voulez-vous que j’y fasse ? Entretien réalisé en 1977 avec Mathias Greffrath. Paris : Éditions Allia.

Anders, G. (2009). La Haine. Rédigé en 1985. Traduit de l’allemand et préfacé par Philippe Ivernel. Paris : Rivages poche / Petite bibliothèque.

La technologie et nous

La technologie que nous produisons se caractérise par une tendance lourde, soit faire de nous celui dont on peut se passer.

Nous sommes

Nous sommes instabilité, nous sommes artificialité, nous sommes recherche et oubli.

jeudi 28 novembre 2013

Le mal

Pour la théodicée, l'existence du mal est un problème qu'il faut expliquer puisque Dieu serait bon et tout-puissant. Ainsi, comment peut-il y avoir du mal dans notre monde étant donné ce qui caractérise Dieu ? Bien des réponses ont été données à cette question. Je ne peux trancher ici (je ne dispose en rien des connaissances pour le faire). Seulement, je constate que le mal n'existe que pour une conscience qui le ressent. En ce sens, si les animaux peuvent vivre le mal, l'être humain est le seul être vivant à ressentir le mal sous tous ses aspects (physique comme moral). Et, il est le seul à produire le mal contre ses semblables de manière délibérée.

Mensonge

Un mensonge, quand il devient énorme, est reçu comme une vérité.

lundi 25 novembre 2013

À lire

Tremblay, Larry (2013). L'orangeraie. Québec : Éditions Alto.



Un magnifique récit, bouleversant, une manière 
particulière de raconter les horreurs de
la guerre à travers le vécu de deux jumeaux.

jeudi 21 novembre 2013

L'art

L'art, s'il démontre sans cesse l'unité de tous les êtres humains, est aussi un magnifique vecteur de différences. L'art est nécessairement à la fois universaliste et aristocratique.

mardi 19 novembre 2013

La prison géante

À tout vouloir contrôler, diriger, maîtriser un État devient geôlier et la société une prison géante.

Un combat inégal

La démesure est si attirante comparée à la modération.

Le jeu et la vie

On croit pouvoir jouer avec la vie quand c'est elle qui se joue de nous.

Une «mythologie» scolaire

Dissociation des hiérarchies scolaires de toute relation causale avec les hiérarchies sociales externes à l'école.

lundi 18 novembre 2013

Pensée critique

La pensée critique est une attitude et une capacité. Une attitude face aux choses, aux faits, aux phénomènes où ceux-ci sont examinés avec sérieux et impartialité. Une attitude de curiosité face au monde où celui-ci n'est pas pris comme «un allant de soi». Une attitude face à soi-même également qui fait en sorte d'être capable de remettre en question ses croyances et ses convictions. Pour qu'elle soit féconde, cette attitude doit reposer sur une capacité à questionner. Cette capacité n'est possible, quant à elle, qu'en possédant les savoirs appropriés. Ou, dit autrement, elle ne peut exister qu'en ayant la culture qu'il faut. La pensée critique exige donc à la fois curiosité, objectivité et humilité - doublées d'une certaine dose de scepticisme - et de la culture (il est évident que celle-ci sera toujours limitée en extension et en profondeur). Comment alors garder le cap ? En se rappelant l'adage de Socrate : non pas se croire savant mais toujours se considérer ignorant... mais un ignorant qui cherche sans arrêt à briser la double ignorance (celle de l'ignorant qui s'ignore).

Pour penser autrement l'éducation

Certains auteurs nous aident à bien penser, que l'on soit d'accord avec leurs positions ou non. C'est justement le cas de Normand Baillargeon. Des propos souvent intéressants, des idées qui dérangent, un périple intellectuel singulier. C'est pourquoi nous recommandons la lecture de ses deux nouveaux livres :

Légendes pédagogiques, Éditions Poètes de Brousse, 2013.
Turbulences : essais de philosophie de l'éducation, Presses universitaires de Laval, 2013.

jeudi 14 novembre 2013

Leçon du passé

Il faut toujours se rappeler que ce n'est pas un ingénieur ni un marchand, encore moins un militaire qui a été condamné à mort à Athènes en 399 avant notre ère mais un philosophe et éducateur.

Lobbyisme

Dans une véritable démocratie, le lobbyisme n'existerait pas.

L'enfant et la nécessité du monde

Dans le regard d'un enfant peut se lire toute la nécessité du monde.

Nation

L'idée de nation permet à l'État de se présenter comme unité.

Caractéristiques de l'État moderne

L'État moderne se caractérise notamment par :

1- une structure impersonnelle du pouvoir;
2- un ancrage dans une territorialité;
3- un contrôle de l'usage de la violence;
4- des instances de légitimation du pouvoir.

Droit

Le marché est devenu un droit et le droit une marchandise.

Réduction

Réduire la littérature à un passe-temps c'est réduire la culture à une marchandise.

Une bonne idée

Une bonne idée n'est jamais le fin mot de l'histoire, toujours le début d'une aventure.

mercredi 13 novembre 2013

Une manière de concevoir l'identité

L'identité comprendrait trois dimensions :

Le soi : la manière dont je me définis.

L'appartenance sociale : l'ensemble de mes relations d'exclusion et d'inclusion.

L'implication sociale : mon degré d'intériorisation des rôles et des statuts.

Esprit et culture

L'esprit crée la culture et, en retour, est façonné par elle.

lundi 11 novembre 2013

Connaître ce n'est pas que faire

De plus en plus nous réduisons le connaître au faire !

Hypertrophie de la raison instrumentale et formation à l'enseignement

Que ce soit dans les travaux du sociologue Michel Freitag ou dans ceux du philosophe Jürgen Habermas, on constate la tendance générale de la modernité à hypertrophier l'instrumentalisation de la raison dans les institutions. En formation des enseignants, cela se vérifie notamment par l'oubli presque total de la dimension sociale de l'enseignement et la concentration presque exclusive sur la «performativité». Ce faisant, la formation initiale réduit la relation éducative à un processus objectivable susceptible d'une complète gestion rationnelle.

samedi 9 novembre 2013

Courtes lectures

Je suis un boulimique de lectures mais, parfois, au sortir un ouvrir costaud, je n'ai pas le courage d'entreprendre une lecture longue et difficile. J'aime alors fréquenter de courts textes au faible niveau de difficulté mais tout de même instructifs et intelligents. En voici quelques-uns lus récemment : 
  • Élie-Morin, M.-C. (2012). Dix clés pour une désobéissance civile réussie. Entrevue avec Lisa Fithian. Nouveau projet 02 (automne-hiver 2012). Ebook.
  • Laurendeau, A. (2012) La prédisposition à l’étonnement. Texte paru originellement en 1964. Édition avec une introduction de Jonathan Livernois. Documents. Ebook.
  • Maclure, J. (2012). La Suède ne s’est pas construite en un jour. Nouveau projet 02 (automne-hiver 2012). Ebook.
  • Maclure, J. (2013). L’homme sans volonté. Nouveau projet 03 (printemps-été 2013). Ebook.
  • Taylor, C. (2012). Les chercheurs de sens anxieux. Nouveau projet 01 (printemps-été 2012). Ebook.

vendredi 8 novembre 2013

La formation culturelle des élèves

Résumé du texte

Ce chapitre porte sur la mission culturelle de l’école. L’auteur y présente d’abord une théorie de la culture développée par le sociologue et philosophe Fernand Dumont dans le cadre de différents ouvrages. Puis, en s’appuyant sur cette théorie, Simard discute quant au rôle de formation culturelle de l’école et enfin, il présente quelques conditions nécessaires afin que l’école puisse remplir sa fonction de transmission culturelle. 

Problématique

Plusieurs enseignants se questionnent quant au rôle que l’école doit jouer dans la société actuelle, en particulier en ce qui concerne l’éducation culturelle et la prise en compte de la diversité culturelle chez les élèves. Dans ce chapitre, l’auteur tente de répondre à la question-titre, soit : comment penser aujourd’hui la nature et le rôle de l’école à l’égard de la formation culturelle des élèves ?.

Cadre de référence 

L’auteur tente de définir le concept de culture, en se basant sur les travaux du sociologue et philosophe québécois Fernand Dumont, et plus particulièrement sur son ouvrage Le lieu de l’homme, datant de 1968.

Fernand Dumont présente la culture comme étant à la fois distance et mémoire. En tant que mémoire, la culture constitue une « reprise vivante du passé » qui permet à l’homme de s’ancrer historiquement et de mieux comprendre le monde qui l’entoure : « Tout être humain est le produit de sa culture, d’un long processus historique où le langage joue un rôle décisif ». (p. 52) En tant que distance, la culture amène l’homme à se mettre à l’écart de soi-même : « C’est dans ce sursaut où la conscience se met à distance d’elle-même que la culture se constitue comme horizon» (p. 52).  Ainsi, la culture agit comme une médiation de la conscience qui permet à l’individu de mieux se connaître lui-même.

Dumont établit un dédoublement entre la culture première et la culture seconde. La culture première correspond au milieu culturel d’origine, c’est-à-dire aux conduites sociales, règles, langages, interprétations du réel et modèles de comportement acquis en bas âge. Pour sa part, la culture seconde correspond à l’art, la littérature, la science, l’histoire et la philosophie. « La culture seconde doit être envisagée comme mouvement de dépassement, de distanciation, d’arrachement à la culture première. C’est dans cette distance que la conscience se développe» (p. 53). Enfin, Dumont traite du concept de réflexivité qui permet cette prise de distance à l’égard de la culture première et cette élaboration de la culture seconde.

Résultats

Denis Simard émet trois énoncés quant à la nature de l’école en lien avec la culture :

1) L’école est un cercle de culture seconde : « Avec ses cheminements obligés et ses rites de passage, ses programmes, ses contenus et ses procédés d’apprentissage, l’école est un « cercle de culture seconde », c’est-à-dire une institution foncièrement culturelle vouée à la compréhension du monde» (p. 55). Ainsi, l’école permet d’initier les élèves à un patrimoine de culture seconde en les mettant en contact avec un ensemble de savoirs, de valeurs et d’œuvres culturelles. Elle permet de maintenir et de transmettre un héritage humain et culturel afin que celui-ci soit conservé, connu et appris. Par contre, l’école se doit de sélectionner quels éléments culturels elle souhaite intégrer à son programme, et cette sélection, qui diffère selon les époques, les pays et les traditions, viendra influencer la vision de l’homme et du monde qu’elle proposera aux élèves. Par ailleurs, en initiant les élèves à la culture seconde, l’école leur permet de se distancier de leur culture première : « L’école, répétons-le, est le lieu privilégié de la formation culturelle des élèves, le lieu d’une prise de distance à l’égard des significations spontanées de la vie quotidienne et d’élaboration d’une culture seconde qui permet de la comprendre et de lui donner un sens » (p. 58).

2) L’école n’est pas la vie, mais une reprise consciente de la vie : L’école permet de reprendre consciemment certains éléments donnés faisant partie de la culture première (langage, phénomènes naturels, musique, etc.) afin d’en faire l’étude consciente. Il s’agit d’une « reprise du donné pour en faire une culture ».

3) L’école est un foyer de discussion, d’examen critique et d’intégration de la culture : En tant que foyer de discussion, l’école permet le partage de la parole favorisant ainsi la connaissance du monde et la compréhension de soi et des autres.  En tant que foyer d’examen critique, elle incite à remettre en question  les significations, institutions et représentations établies et elle amène les élèves à porter un regard critique  sur le monde afin de distinguer l’essentiel de l’accessoire. Enfin, en tant que foyer d’intégration de la culture, elle permet de faire des liens afin de réintégrer la culture actuelle, qui se présente souvent sous une forme fragmentée ou morcelée.

Selon Denis Simard, dans le contexte actuel de discontinuité et de fragmentation de la culture, le rôle que doit jouer l’école quant à la formation culturelle  nécessite de restaurer quatre continuités :

1) La continuité entre les savoirs et la vie : L’école doit permettre de restaurer la pertinence des savoirs, c’est-à-dire de donner une signification aux apprentissages réalisés. Pour ce faire, elle doit établir des liens entre les savoirs et des questions, problèmes, besoins ou intérêts qui rejoignent l’élève, c’est-à-dire qui sont en lien avec sa vie quotidienne ou encore avec des préoccupations universelles telles que l’origine du monde, des hommes et de la vie. Ainsi, l’élève peut prendre conscience que les savoirs constituent des productions humaines qui peuvent nous aider à mieux comprendre le monde qui nous entoure et à mieux nous comprendre nous-mêmes en tant qu’êtres humains.

2) La continuité entre les savoirs : Dans la société actuelle, où on assiste à une multiplication exponentielle de l’information, le savoir devient de plus en plus morcelé, spécialisé et fragmenté et il devient de plus en plus difficile d’en constituer un tout cohérent permettant une vision globale et intégrée. Afin de transmettre une véritable culture, l’école se doit donc de veiller à l’intégration des savoirs, c’est-à-dire à la création de  liens entre les différentes sphères de la connaissance.

3) La continuité entre les hommes : L’école a pour rôle de préparer les élèves à vivre dans une société complexe et pluraliste. En ce sens, elle doit contribuer à développer chez les élèves des valeurs liées au vivre-ensemble telles que l’ouverture à la pluralité et à la différence, la compréhension, le respect d’autrui et l’écoute. Pour ce faire, l’école doit mettre en place une pédagogie du dialogue permettant de créer un espace public de discussion et d’interprétation du monde où chacun est libre de s’exprimer tout en respectant, en écoutant et en cherchant à comprendre les autres.

4) La continuité entre le passé et le présent : « Restaurer la continuité entre le passé et le présent, c’est faire prendre conscience aux élèves qu’ils sont les héritiers d’une histoire locale, nationale, d’une civilisation; c’est leur permettre de se situer dans l’histoire et dans leur identité personnelle mais c’est surtout leur donner les moyens de comprendre l’histoire, de la poursuivre en y jouant une part active» (p. 66). Afin de restaurer cette continuité, il faut bien sûr enseigner l’histoire, mais également intégrer une perspective historique dans l’enseignement de toutes les disciplines. Ainsi, la formation culturelle offerte à l’école doit comprendre une composante historique importante, permettant à l’élève de prendre davantage conscience des ancrages historiques des différents savoirs proposés.

Interprétation 

L’auteur propose quatre conditions essentielles pour faire de l’école un véritable lieu de culture.

1) Une conscience claire de la nature culturelle de l’école et de l’activité enseignante : L’enseignement ne peut exister sans la culture. L’école a un double rôle de médiation : médiation à la culture du passé (transmettre l’héritage culturel du passé) et médiation à la culture du présent (intégrer les élèves à la culture actuelle et les préparer à l’exercice de la citoyenneté).

2) Une conception explicite et articulée de la culture : En ayant une conception explicite et articulée de la culture, il serait plus facile de déterminer les critères de sélection des contenus scolaires ainsi que d’orienter les pratiques pédagogiques enseignantes.

3) Un équilibre entre les grands domaines d’apprentissage : Il faut établir un équilibre dans les programmes scolaires entre les disciplines liées à la rationalité (le sensé, le cognitif) et les disciplines liées à la sensibilité (le sensible, le senti) puisque la culture s’élabore à la fois dans le sensé et dans le senti.

4) Un rapport vivant à la culture : Les enseignants se doivent d’être cultivés, non pas tant en termes d’érudition mais plutôt en termes de passion, de curiosité et d’ouverture pour différents aspects de la culture. L’enseignant agit alors à titre de médiateur, de passeur culturel.

Conclusion

Finalement, l’auteur réitère l’espoir de faire de l’école un véritable lieu de culture : « un lieu  d’appropriation du monde en donnant à chacun le meilleur de l’expérience humaine considérée comme culture. » (p. 71)

jeudi 7 novembre 2013

Trois grandes caractéristiques de l'argumentation

Trois caractéristiques de l'argumentation :

1- Elle est un phénomène social parce qu'elle implique plus d'un sujet.

2- Elle est une démarche où un sujet tente d'influencer la pensée et l'action d'autrui.

3- Elle est une procédure qui, bien qu'ayant recours à des éléments de l'ordre du normatif et de l'affectif, fait appel à la rationalité et à la logique

mercredi 6 novembre 2013

Lire sur la religion

Je me définis comme un agnostique curieux des phénomènes religieux, un agnostique en recherche. Pour ceux qui, comme moi, aiment fréquenter ces chemins et aller au delà des idées convenues sur les phénomènes religieux, je recommande ces lectures accessibles à des non théologiens :

Lacroix, B., Demers, B., Lison, J. (2013). Dieu intervient-il dans l’histoire ? Collection Les conférences du Centre culturel chrétien de Montréal. Montréal : Fides.

De Koninck, T, Roy, L. (2013). La foi est-elle rationnelle ? Collection Les conférences du Centre culturel chrétien de Montréal. Montréal : Fides.

Lenoir, F. (2010). Comment Jésus est devenu Dieu. Paris : Le Livre de Poche.

Lenoir, F. (2009). Socrate, Jésus, Bouddha. Trois maîtres de vie. Paris : Le Livre de Poche.

Neusch, M. (2007). L’énigme du mal. Paris : Bayard. Nouvelle édition.

mardi 5 novembre 2013

Méthode réflexive en philosophie

Cette méthode est dialectique au sens où elle procède par : 1- implications régressives; 2- intuitions progressives; 3- explications dégressives.Voyons le sens de chaque expression !
1- IMPLICATIONS RÉGRESSIVES
Cela signifie un enveloppement. Ce qui revient à dire qu'une donnée quelconque en implique une autre. Une donnée est enveloppée par une autre. Le penseur doit alors dévoiler les données enveloppées par les autres données. Une donnée qui en implique une autre peut vouloir dire qu'elle la contient ou encore qu'elle l'appelle. Par exemple, le chiffre deux implique un parce qu'il le contient mais il implique aussi trois parce qu'il l'appelle. En fait, l'implication est ici un processus qui tend à dépasser ce qui est donné immédiatement à la conscience pour compléter la pensée par ce qui manque. L'objectif est de construire un sens toujours plus satisfaisant. Cela revient à dire que l'insuffisance de données incite à chercher une compréhension plus profonde, cachée derrière les apparences.
2- INTUITIONS PROGRESSIVES
L'analyse régressive dont je viens de parler ouvre la voie aux intuitions progressives. Ce qui est profondément caché et qui se dévoile à la réflexion du penseur n'est pas une réalité toute faite mais plutôt un construit. L'object ou le phénomène à connaître se fait en se découvrant et se découvre en se faisant.
3- EXPLICATIONS DÉGRESSIVES
Ici se joue le jeu de la déduction et de l'intuition. Il y a en effet un perpétuel renvoi entre les deux méthodes d'analyse. Les inductions préparent les synthèses déductives. Les synthèses déductives servent ensuite à l'analyse du monde dans un processus sans fin. Donc, les inductions préparent les déductions et inversement.

lundi 4 novembre 2013

Comprendre ?

Le verbe comprendre veut dire «prendre avec». Ainsi, comprendre c'est prendre ou encore appréhender. Donc, il est possible de comprendre qu'à la condition d'avoir pris, d'avoir saisi une chose. D'ailleurs, le verbe saisir est très souvent interprété comme équivalent du verbe comprendre : «j'ai saisi» veut dire «j'ai compris». Et, saisir c'est bien justement prendre.

Toutefois, prendre n'est pas suffisant pour comprendre. En fait, pour comprendre, il faut également prendre avec. Prendre avec autre chose. Comprendre c'est lier, c'est rattacher. Prendre aussi avec soi-même, c'est-à-dire, faire sein, assimiler.

Or, comprendre c'est plus que cela encore. Mais ici, en quelque sorte, le mot demeure au dessous de l'idée même. En effet, comprendre c'est plus que prendre avec, comprendre c'est aussi être pris avec. Comprendre, alors, c'est être pris par quelque chose ou, dit autrement, c'est se donner à quelque chose. La compréhension devient donc un double mouvement où je prends et où je suis pris.

samedi 2 novembre 2013

Interculturalisme

Dans le contexte québécois actuel, on lira avec profit le très intéressant ouvrage de l'historien et sociologue Gérard Bouchard.

Bouchard, G. (2012). L’interculturalisme. Un point de vue québécois. Montréal : Boréal.

vendredi 1 novembre 2013

Le choix d'une méthodologie en sciences humaines et sociales

Le choix d'une approche méthodologique en SHS n'est pas uniquement un processus rationnel.

Le choix de l'approche révèle en fait les préoccupations et les besoins du chercheur.

Ainsi, au côté de la rationalité, l'intuition contribue aux choix qui sont faits car le chercheur n'arrive pas «vierge» devant l'objet à investiguer (d'ailleurs, le choix de cet objet est en lui-même un processus qui n'est pas guidé par la seule rationalité) mais y projette sa structure d'anticipation, ses affinités.

Par le fait même, une approche méthodologique n'est pas d'abord un choix d'outils de collecte de données. Elle est surtout l'adoption d'une logique dans la manière d'appréhender le monde.

Ainsi, choisir une approche méthodologique c'est opter pour une certaine vision de la réalité.

En quelque sorte, le chercheur fait un acte de foi envers l'approche choisie et cet acte de foi oriente l'ensemble de sa démarche intellectuelle.

Voir notamment :
Chantal Deschamps (1988), L'approche phénoménologique en recherche, Montréal, Guérin universitaire.

La condition postmoderne

Le philosophe français Jean-François Lyotard fut un des premiers, sinon le premier, à introduire dans le monde intellectuel la notion de postmodernité. Cette notion apparaît dans son ouvrage «La condition postmoderne. Rapport sur le savoir» (Paris, Éditions de Minuit, 1985).

Dans cet ouvrage - édition d'un mémoire commandé par le gouvernement du Québec - Lyotard fait l'hypothèse suivante :
«(...) le savoir change de statut en même temps que les sociétés entrent dans l'âge dit post-industriel et les cultures dans l'âge postmoderne». (p. 11)

Pour le philosophe, il existe trois types d'énoncés :
-  des énoncés dénotatifs;
-  des énoncés performatifs;
- des énoncés prescriptifs.

Or, chaque type d'énoncés donne lieu à des «jeux de langage» aux règles différentes :
- les énoncés dénotatifs renvoient à la distinction du vrai et du faux;
- les énoncés performatifs renvoient  à la distinction de l'efficient et de l'inefficient;
- les énoncés prescriptifs renvoient à la distinction du juste et de l'injuste.

Et, les jeux de langage ne peuvent s'unir dans un métadiscours.

Bien qu'elle soit devenue très importante dans notre monde, la science ne peut prétendre légitimer les autres jeux de langage. Ainsi, par exemple, ce n'est pas parce que quelque chose est vrai qu'il est juste. Ou encore, quelque chose de juste n'est pas nécessairement efficient.

En conséquence, Lyortard soutient que notre monde expérimente une pluralité de discours aux règles hétérogènes et dont la synthèse harmonieuse est impossible.